Last Reign #2[FRENCH] Darius, chatelain détenteur d’une des dernières techno-armures, n’a pas voulu céder au chantage. Il a refusé de sacrifier certains de ses sujets dans le cadre d’une odieuse collecte. Mais Darius a payé un prix bien lourd pour avoir refusé de plier. Désormais sans famille, on s’attend à ce qu’il prenne la route de la vengeance… Et pourtant ce n’est pas automatique.

Last Reign #2 [Boom !] Scénario de Walt Becker & Michael Alan Nelson
Dessin de Ed Estevez
Sortie aux USA le mercredi 7 janvier 2009

Last Reign #2Premier constat, si les couvertures (signée Karl Richardson) de Last Reign sont assez imposantes, le dessin des pages intérieures n’est pas à la hauteur. Non pas que le trait d’Ed Estevez soit si mauvais que ça. On a vu pire ailleurs (et je vous renvoie par exemple à notre dernière chronique de Galveston chez le même éditeur). Mais d’une part ses personnages ont des anatomies variables d’une case à une autre (selon les pages Darius est élancé ou trapus, bras et jambes s’épaississent sans logique) et de l’autre le dessin manque en général de sel. J’en veux pour preuve la dernière page de l’épisode qui est illustrée d’une façon que je qualifierais d’anti-spectaculaire. Il manque une certaine approche scénographique pour donner de la vie à tout ça.

Car le potentiel est là. Le scénario nous donne plusieurs scènes qui font (ou devraient faire) appel à un certain folklore cinématographique. Darius, noble guerrier en armure, règne sur les ruines d’une ville américaine, dans un futur apocalyptique. Et le voici maintenant privé de famille, errant dans ce monde déchu, à la recherche d’un sens à sa vie. Selon les moments on passe du Impitoyable de Clint Eastwood au premier épisode de la Planète des Singes (passages dans la zone interdite). Seulement voilà, si Hollywood nous donne une scène d’anthologie avec Charlton Heston à genoux devant la Statue de la Liberté, imaginez la même action filmée par un caméscope façon « souvenir de vacances » et le résultat n’est pas du même ordre.

Last Reign pourrait être une saga façon Techno-Barons mais le dessin bien plan-plan étouffe tout dynamisme. Maintenant – comme toujours – il ne s’agit pas de jeter la pierre à un dessinateur qui a peut-être fait ce qu’il pouvait pour assumer des délais peut-être un peu trop serrés pour qu’il donne sa pleine mesure. Mais ce qui est certain c’est que la même série dessinée par Karl Richardson (qui signe donc la couverture) aurait un autre panache. Dommage. Peut-être qu’un encreur un peu « typé » pourrait donner du mordant à tout ça si l’univers de Last Reign est appelé à perdurer à travers d’autres miniséries…

[Xavier Fournier]