[FRENCH] La compagne et l’équivalent féminin de Silver Star a disparu, sans doute enlevée par quelqu’un qui compte se servir d’elle comme d’une arme. Le problème c’est que les pouvoirs de Norma et de Silver Star les classent bien au dessus du commun des surhommes. Ils ont plutôt comme des dieux, comme John Dunn ne va pas tarder à s’en rendre compte…

Kirby Genesis: Silver Star #2 [Dynamite]
Scénario de Jai Nitz
Dessin de Johnny Desjardins
Sortie aux USA le mercredi 14 décembre 2011

Silver Star est une des créations de Jack Kirby qui a toujours peiné à fonctionner totalement (si on compare à d’autres projets comme les New Gods ou même Captain Victory). Dans cette série le scénariste Jai Nitz décide de prendre au mot le « King » et de vraiment utiliser Silver Star comme une forme de nouvelle divinité générée par la science. C’était déjà un peu le cas dans les pages de Kirby mais là on lorgne carrément sur quelque chose qui approcherait du Doctor Manhattan des Watchmen. Le savoir c’est une chose, le réaliser en est une autre et le nouvel agent de liaison, John Dunn va prendre la mesure des choses. D’ailleurs la scène est assez sidérante parce qu’elle évoque fortement… mais alors très fortement… une scène du Final Crisis de Grant Morrison. Là où l’écossais chez DC décrivait une « pépinière » de terres alternatives, rangées en rangs d’oignons, Jai Nitz exploite le concept dans une vue similaire, le dispositif étant tout juste rebaptisé la « Nursery ». Je veux bien que Morrison exploitait beaucoup de choses dues à Kirby mais là pour le coup, quand même, la façon de faire à l’air de fonctionner dans l’autre sens.

Par ailleurs la façon qu’a Silver Star de stocker ses trophées a un petit côté Planetary. Malgré ces rapprochements parfois un peu curieux, Jai Nitz exploite ici de manière intéressante le mythe du surhomme dans sa version philosophique, tout en le contrastant avec des questions de religions et de politiques. Johnny Desjardins, le dessinateur, me semble plus à l’aise que dans le premier épisode. Par contre le côté caricatural, très plat, d’adversaires comme les Animus Geneticus fait qu’on a parfois l’impression de s’être égaré dans un comic-book des années 90. Il y a du mieux certain par rapport à l’épisode initial mais on sent encore une marge de progression. Et sans doute qu’une petite touche d’humour ne serait pas un mal…

[Xavier Fournier]