[FRENCH] Depuis des années Sigurd Dragonsbane et d’autres dieux Aesirs sont prisonniers d’un Valhalla à la dérive, coupé de son panthéon d’origine. Mais un jour les frontières s’abaissent et ils retrouvent la capacité de voyager dans l’univers. Problème : la porte ne s’est pas ouverte vers leur panthéon mais vers d’autres mondes, d’autres dieux, contre lesquels ils ne sont pas franchement préparés.

Kirby Genesis: Dragonsbane #1 [Dynamite]
Scénario de Robert Rodi
Dessin de Fritz Casas
Sorti aux USA le mercredi 18 janvier 2012

Voici sans doute le spin-off de Kirby Genesis qui sera le plus difficile à caser puisqu’il part pratiquement de rien. Là où Captain Victory et Silver Star ont connu d’autres parutions, Sigurd et ses frères étaient jusque là limités à des croquis de Jack Kirby. Qui plus est ces dieux n’ont fait l’objet que deux ou trois scènes dans Kirby Genesis là où les autres ont été mis plus en évidence. Voici donc ces dieux presque totalement inconnus… Mais dans le même temps terriblement familiers. Forcément, avec des personnages utilisant des prénoms comme « Heimdall » on se doute que la Asgard de Thor n’était pas très loin de l’esprit du King quand il a créé ces concepts. Et d’ailleurs Dynamite a bien joué en allant chercher un scénariste qui a, lui aussi, déjà une expérience sur le Thor de Marvel. Du coup il ne serait pas trop dur d’imaginer que ce Valhalla est une sorte de quartier de l’autre, qui s’en est détaché et a dérivé à travers le multivers. Ou bien les fans de Thor auront tout le loisir d’imaginer que Sigurd n’est autre que Thor sous une autre forme. Il est évident en tout cas que les deux concepts ont des points communs…

Tout le début, la présentation de ces dieux à la fois prisonniers et à la dérive, est scénaristiquement assez prenante. Le dessin de Fritz Casas n’a peut-être pas la personnalité qui conviendrait pour exprimer une puissance divine façon Kirby mais dans le même temps il n’y a pas d’écarts. En un sens le graphiseme est plus cohérent que sur Kirby Genesis: Captain Victory par exemple. Et vers la fin le tandem créatif nous ramène une adversaire très Kirbyesque effectivement. Mais dès qu’ils s’engagent dans leur quête à travers les mythologies Sigurd et les autres m’ont l’air de perdre un peu de leur intérêt. Le concept du dieu enfermé pour un semblan d’éternité aurait mérité d’être exploré un peu plus en profondeur avant qu’on leur ouvre les portes. Il y a de l’idée mais Robert Rodi peut sans doute faire mieux.

[Xavier Fournier]