[FRENCH] Dans l’ombre, un homme est bien décidé à détruire la Justice League. Mais comment s’attaquer à ce groupe surhumain ? En recherchant le « maillon faible »… Geoff Johns construit un personnage qui, à sa manière, fait un peu penser au rôle de Samuel Jackson dans Incassable. Reste que ce nouveau bad guy a encore pas mal de choses à prouver…

Justice League #9 [DC Comics] Scénario de Geoff Johns
Dessins de Jim Lee & Gary Frank
Sorti aux USA le mercredi 15 mai 2012

Passé six épisodes à affronter du bout des doigts le titanesque Darkseid, la Justice League doit se trouver de nouveaux adversaires sous peine, dans le cas contraire, de se banaliser. Qu’est-ce qui vaudrait que ces sept héros extraordinaires aient besoin de se réunir ? Réponse : une menace capable de les mettre en difficulté, qui connait bien leurs points faibles. Geoff Johns utilise alors un personnage déjà évoqué dans l’arc initial, le biographe de la League, celui qui, d’une certaine manière, les a baptisé via son livre. Et puisque nous en sommes au début de la construction de cet adversaire, pour l’instant on en voit peut de choses. On verra si Johns arrive, ou pas, à sculpter une sorte de Lex Luthor/Doctor Doom appliqué à la League. Ce qui est certain, par contre, c’est que depuis le saut dans le temps de la série (après la bataille contre Apokolips, à partir du moment où l’action se fait contemporaine), Johns s’intéresse beaucoup à Steve Trevor et, d’une manière générale, à l’entourage des héros. Dans cet épisode, par exemple, il cerne assez bien Lois Lane en quelques vignettes. Puis il revient vite sur Trevor, visiblement destiné à influer sur les évènements. En un sens Johns fait à Trevor ce que Brad Meltzer a pu faire en son temps sur Red Tornado, une remise au goût du jour qui fait qu’on se demande comment les auteurs ont pu s’en priver si longtemps. Aux dessins, Jim Lee m’a paru plus à la peine que sur les premiers épisodes. Il est sans doute moins « léger » en termes de composition, mais par contre les attitudes des personnes sont beaucoup plus « factuelles ».

Pour ce qui est du segment sur Shazam, Johns la joue toujours à l’économie. Pas de « Shazam » en vue mais on prend le temps de faire la connaissance des personnages, tout en ayant le loisir de se demander qui va jouer un rôle important ou pas à l’avenir. Gary Frank se tire très bien de ces pages privées de super-héros. Sur l’architecture, Johns semble parfois un peu trop mécanique. Par exemple l’écho de la « bonne famille » de Billy Batson, avec soudainement une méchante famille riche qui apparaît pour lui donner la réplique, comme une sorte de version négative. C’est un poil trop forcé et j’espère qu’on ne nous prépare pas la racine d’un reflet maléfique de Shazam via cette autre famille. Le « morceau de bravoure », ce mois-ci, c’est l’évolution de Sivana. Avant le DCnU, Sivana était un peu la version « mini-me » de Luthor (bien qu’historiquement c’est bien Sivana qui est apparu avant et Luthor qui a imité sur le thème du savant fou). La version Johns/Frank nous était apparu comme un Lex Luthor au contraire plus massif. Cet épisode le distingue encore d’une façon différente. Décidément ce mois-ci la série Justice League fait avancer le camp du Mal… Mais dans les deux segments c’est fait de manière intéressante…

[Xavier Fournier]