Dessins de Jason Fabok
Parution aux USA le mercredi 30 septembre 2015
Ces derniers mois, il a livré un travail intéressant en donnant finalement plus de personnalités aux personnages liés à Darkseid que tout ce que l’on a pu lire sur eux depuis l’arc initial de Justice League en 2011. Mais dans ce numéro, Geoff Johns atteint comme un plafond transparent. Il écrit sa Darkseid War comme un crossover typique de Geoff Johns. Et vous me direz que c’est une évidence, qu’on n’attendait pas de lui du Alan Moore ou du Brian Bendis. Alors je reformule : Geoff Johns écrit Darkseid War comme une recette de Geoff Johns que l’on a déjà pu lire déjà plusieurs fois (Blackest Night ou l’arc de Green Lantern lui succédant – New Guardians – ou encore Brightest Day). Du coup, malgré les grands gestes, cela donne l’impression d’un déjà vu… On place au centre deux entités cosmiques (ici Darkseid et l’Anti-Monitor, mais tout comme ce fut en d’autres temps Nekron contre le même Anti-Monitor) se tapant dessus tandis que les héros sont lancés à travers un cycle de transformations et changent arbitrairement de personnalité. Comme les porteurs d’anneaux de couleurs dans Blackest Night ou Flash devenant Parallax dans des projets précédents. Cette fois, après avoir transformé Batman en pseudo-Metron (la logique incarnée) et renversé la polarité de Superman (un « négatif » très proche d’un Red Lantern), voici qu’un autre membre de JL se voit transformé et pourrait aussi bien être un Black Lantern.
Cette impression de déjà-vu, c’est ce qui règne sur la majeure partie du numéro et le plombe, même s’il y a un ou deux moments où les choses se réveillent. D’abord, il y a un dialogue juteux (mais là aussi du même tonneau que le dialogue Superman/Batman en intro d’Infinite Crisis, quand Batman reprochait à Supie de n’inspirer les gens que lorsqu’il est mort) entre Green Lantern et Batman où l’on croirait (mais j’ai peine à le penser vraiment) que Johns lance une pique à la manière dont la série d’Hal Jordan est écrite ces temps-ci. Il y a aussi un réveil du côté de Power Ring, personnage recruté à l’issue de Forever Evil est tristement devenu depuis une simple figurante. Ici, elle montre les dents. Jason Fabok fait de son mieux pour animer les choses mais on en reste à cette impression que deux géants s’affrontent et que pendant ce temps, à leurs pieds, des héros changent de couleur sans vraiment être les protagonistes de l’histoire. Des choses se passent… Mais on a du mal à croire vraiment à la permanence du cliffhanger.
[Xavier Fournier]
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