Avant-Première VO : Review Fantastic Force #2[FRENCH] Ça commence mal pour la nouvelle Fantastic Force. A peine installée sur son nouveau monde d’adoption, la voici attaquée par la mère de l’un des leurs et au bout de quelques pages un monument de New York ne tient déjà plus debout. Sur cette Terre, tout est possible et le groupe exerce sa propre forme d’héroïsme. Dommage qu’on cantonne tout ça à une sorte de vision alternative ?

Fantastic Force #2 [Marvel]
Scénario de Joe Ahearne
Dessin de Steve Kurth
Sortie américaine le 20 mai 2009.

Fantastic Force #2Comme Mark Millar avant lui, Joe Ahearne est avare de détails en ce qui concerne les membres qui constituent Fantastic Force. Dans certains cas on ne sait ni leur origine, ni leur nom civil, ni leur filiation et on ne fait que deviner quels sont au juste leur super-pouvoirs. Le scénario ne perd pas de temps avec la « vie privée » des personnages et les projette directement dans l’action, à savoir l’arrivée inopinée (et forcément furieuse) de la Harpy, mère du Docteur Robert Banner. A partir de là l’auteur y va par petites touches en ce qui concerne le casting mais les évocations sont plutôt bien placées. Untel ne serait pas humain du tout, tel autre peut-être plus qu’on croit et en définitive les 500 ans d’écarts qui séparent ces héros de « notre présent » leur a donné quelques notions du bien assez différentes. A plus forte raison quand tout ça se passe sur une Terre factice qui perd vite son caractère utopique. Ce n’est pas parce qu’elle est arrivée sur un monde aux ressources illimitées que cette humanité a décidé de se conduire bien. On sent déjà les premières traces d’une décadence, d’un ver qui s’est glissé dans le paradis.

Tout ça est intéressant mais souffre à deux niveaux. D’abord (et là les auteurs n’y sont pour rien) Fantastic Force n’est qu’une mini-série et l’on sait donc que le temps pour faire plus ample connaissance nous est compté. Les combats contre des super-menaces sont sans doute efficace pour attirer une partie du public qui ne bougera que s’il y a échange de coups de poing mais ceci se fait au détriment d’une meilleure description des héros. Si on était dans le cadre d’un mensuel, je dirais que le scénariste prend son temps. Là j’ai peur qu’il manque un peu de place. L’autre regret est lié aux personnages qui apparaissent vers la fin du numéro, personnages que l’éditeur a bizarrement accepté de mettre en couverture (bonjour le suspens). Ce n’est pas le fait qu’on découvre en prenant le numéro l’un des coups de théâtre qui est supposé en marqué la fin. Mais tout simplement ce que je trouve d’intéressant dans cette série c’est la notion d’une équipe qui est seule pour faire tourner un monde et qui se retrouve à faire des choix que ne feraient pas les Avengers ou même les Fantastic Four. Et là, malheureusement, en nous ramenant des versions alternatives (plus ou moins réelles, on verra) de Dark Phoenix, Polaris et Scarlet Witch, le scénario nous ramène ça dans le carcan d’un récit de « variante » qu’on voudrait plutôt voir dans les pages des Exiles. Il y a des choses intéressantes dans ce numéro mais il y en d’autres plus « neutres » qui prennent de la place pour finalement peu d’impact…

[Xavier Fournier]