Avant-Première VO: Review Fables #139[FRENCH] Avec la conclusion de Fables annoncée pour le #150, soit dans moins d’un an, on sent clairement que Bill Willingham s’achemine vers les derniers chapitres de son histoire. Enfin ce n’est pas non plus pour demain, mais dès les premières pages l’impression qui domine ici est qu’on assiste au début de la fin. A moins que le scénariste joue avec nos attentes ?

Fables #139Fables #139 [Vertigo/DC Comics] Scénario de Bill Willingham
Dessin de Steve Leialoha
Parution aux USA le mercredi 26 mars 2014

La chose agréable avec Fables, c’est que Bill Willingham s’égare assez rarement dans les méandres de son univers et que les tenants et les aboutissants sont aisément compréhensibles pour peu qu’on saisisse une grande ligne : les légendes et les contes de fées se sont réfugiés sur Terre, comme des boat people fuyant l’extermination de leur monde d’origine. Mais voici que quelqu’un se présente à Fabletown et propose à un petit groupe de retourner « là-bas ». Et Willingham, d’emblée, semble bien lugubre sur ce que peut provoquer cette expédition. Le paradoxe est que le casting de cet arc est composé de personnages bons vivants : les membres d’un groupe de musique qui compte parmi ses musiciens des figures comme le Joueur de flûte de Hamelin ou le Chat Botté. Tout ça contraste un bon bout de temps avec le ton du narrateur jusqu’à ce qu’on commence à se demander si ce groupe n’est pas condamné.

C’est assez plaisant et ça réussit le tour de force d’être abordable. C’est à dire que même si en gros on est à l’équivalent de l’avant-dernier TPB de la série, c’est quelque chose que je n’aurais pas trop de problème à poser dans les mains de quelqu’un qui n’a jamais lu Fables (en lui conseillant, bien sûr, de lire la saga depuis le début si cet épisode lui plait). Steve Leialoha donne des dessins intéressants malgré deux petits défauts : des finitions parfois douteuses (comme le chapeau de Briar Rose, qui n’a pas d’épaisseur dans certaines cases et ressemble à une sorte de trou noir) et une gestion un peu abrupte de certaines poses (par exemple quand le Chat Botté est supposé gigoter, se contenter de dessiner plusieurs fois son bras n’empêche pas une impression statique). Mais très largement il s’en tire bien. Au final c’est plus la couleur (un peu vieillot, avec des dégradés qui parfois fleurent les années 90) qui me semble un peu tirer les choses vers le bas. Pourtant, en conclusion, ce numéro est comme ses protagonistes. Il attire la sympathie et on s’inquiète un peu de ce qui risque d’arriver (ou pas) à certains des héros.

[Xavier Fournier]