[FRENCH] Après un preview à l’occasion du Free Comic Book Day, la série Elric: The Balance Lost, inspirée du personnage de Michael Moorcock, s’élance pour de bon : Elric, projeté à travers les mondes alternatifs, tombe sur une terre au bord du chaos. Mais dans le même temps il semble être un créateur de jeux vidéos très normal, qui se demande s’il n’est pas en train de devenir fou…

Elric: The Balance Lost #1 [Boom Comics] Scénario de Chris Roberson
Dessins de Francesco Biagini
Sortie aux USA le 6 juillet 2011

Elric: The Balance Lost est la suite des aventures du héros de Michael Moorcock, protagoniste principal d’une multitude de romans. Et autant le dire immédiatement, ce comic-book assume totalement son statut de suite. De ce fait, ce n’est pas très « new reader-friendly » (enfin pas plus/pas moins que les suites de Buffy, Farscape ou Angel) et le public visé est clairement la fanbase de Moorcock. Pour ma part, ça me va, j’ai encore en mémoire mes années de lecture d’Elric. Pour le nouveau venu, par contre, l’exercice devrait être autrement plus compliqué. Dans le même temps, si tout ça est fortement basé sur le « multiverse » du romancier, on reconnait la patte du scénariste Chris Roberson. Comme dans Starborn, on retrouve ici un jeune personnage « normal » qui est hanté par ses perceptions d’un univers fantastique se superposant à sa réalité…

Mais ce qui fait vraiment le show dans ce premier numéro, c’est l’excellent travail du dessinateur Francesco Biagini, qui (tout en s’inspirant de plusieurs illustrateurs qui ont déjà lorgné sur l’univers d’Elric, comme P. Craig Russell) arrive à donner sa propre personnalité baroque au récit sans trahir les tenants et les aboutissants du personnage. Biagini donne ici une substance qui me semble beaucoup plus à propos que d’autres projets (à mon sens c’est beaucoup plus dans l’esprit que ce que Walt Simonson, que j’admire sur plein d’autres choses, avait pu faire). A noter quand même quelque chose d’un peu douteux : quelque chose annoncé comme une postface de Neil Gaiman. Et effectivement il y a un texte de Gaiman. Mais c’est une réimpression tirée d’une anthologie de 2008. Ce n’est pas vraiment comme si Gaiman soutenait en personne ce comic-book. Mais, franchement, le combo Roberson/Biagini vaut le déplacement, pour peu qu’on connaisse déjà un peu Elric…

[Xavier Fournier]