Dessins de Tony Daniel
Parution aux USA le mercredi 24 Décembre 2014
A l’heure où on voit parfois des choses arbitraires arriver à certains personnages de comics (Lobo est l’exemple qui me vient à l’esprit, mais la chose est vraie aussi chez Marvel Comics), la relance de Deathstroke est un vrai modèle, dans le sens où Tony Daniel n’écrase pas vraiment ce qui a précédé. Il donne à Deathstroke un nouveau sens dans la vie, avec une modification importante en termes d’apparences mais aussi une nouvelle compréhension de sa vie. En un sens – et toute proportion gardée – ce que Daniel fait vivre à Deathstroke peut se comparer à The Anatomy Lesson, l’épisode où Alan Moore avait réinventé Swamp Thing en lui révélant des vérités jusque-là ignorées. Objectivement, il y a aussi des choses qui font que Daniel voit son travail facilité. La précédente série de Deathstroke a été quand même largement décevante, là où Cullen Bunn, quand il doit reprendre Lobo, doit se mesurer à l’ombre de la version Bisley. Ici, le naufrage, c’était « avant » et l’auteur a donc les coudées franches pour reconstruire à partir de là.
Le point faible reste Red Fury, personnage très/trop caricatural (franchement ce serait complet si on nous disait d’ici quelques épisodes que c’est l’Odysseus – très Ra’s Al Ghul – aperçu dans le flashback de ce numéro). Et je peux comprendre aussi que certains lecteurs ne sauteront pas de joie à l’idée que Slade tient ses « mutations » d’un passé familial (autrement dit, à peu de choses près, Wilson est un « mutant »). Mais il ne faut pas s’y tromper. A coup de super-soldats, de mémoire retravaillée et de facteur de guérison, Tony Daniel vise à faire de Deathstroke le Wolverine de DC Comics. Même l’analogie avec l’ancien collègue « tigre » se tient dans ce sens. Dit comme ça, de façon lapidaire, ça peut paraître un peu léger et artificiel mais l’important c’est l’exécution, la manière de servir la chose. Et là dessus Tony Daniel est irréprochable, il nous sert un titre très autonome, régulier, et profite de la donne « New 52 » pour s’affranchir, pour oser de nouvelles choses avec un personnage qu’on pensait au contraire très balisé.
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