Avant-Première VO: Review Convergence: The Question #2[FRENCH] Question, Batwoman et Huntress sont sur un bateau. Et c’est à Greg Rucka et Cully Hamner de trouver une issue satisfaisante pour cette minisérie en deux épisodes. Ils y arrivent pourtant avec les honneurs. De quoi en vouloir plus.

Convergence: The Question #2Convergence: The Question #2 [DC Comics] Scénario de Greg Rucka
Dessins de Cully Hamner
Parution aux USA le mercredi 6 mai 2015

Le mois dernier, à l’occasion du début de Convergence, DC Comics nous a proposé des titres assez uniformes dans leur structure : untel est prisonnier d’un dôme depuis un an, privé de ses pouvoirs ou avec une activité super-héroïque en retrait, et puis Telos débarquait avec son ultimatum. Selon les persos et les auteurs c’était plus ou moins réussi mais on s’éloignait guère de cette trame. Cette semaine, le début du second mois du crossover révèle un exercice totalement différent. Après le passage imposé par l’amorce, les scénaristes semblent beaucoup plus libres pour refermer la parenthèse comme ils l’entendent. Et cela donne des résultats bien plus disparates. À ce petit jeu, Greg Rucka et Cully Hamner sont clairement, à mon sens, le maillot jaune de la semaine. Convergence: The Question #2 permet de voir l’héroïne maîtresse d’elle-même, donnant le meilleur, réunie aussi bien avec Huntress que Batwoman.

Rucka ne s’est pas égaré avec une invasion « cosmique » venue d’un autre dôme. Il a préféré profiter de l’occasion pour poser une question plus humaine. Que ferait Two-Face s’il rencontrait un autre lui-même ? Deviendrait-il encore plus fou ou est-ce que le choc le ramènerait à la raison. Le but de Renée, c’est bien entendu cette deuxième solution. Et cela change beaucoup de choses. The Question s’intéresse aux autres, a une vraie empathie. Et on réalise que, peut-être, beaucoup de super-héros ces jours-ci sont trop occupés à penser à eux-mêmes, sauvent le monde parce qu’ils sont dessus mais ont oublié l’altruisme. La défense de l’autre n’est plus guère au programme si elle ne passe pas par une défense de soi. Renée, elle, est prête à tous les sacrifices. On referme ce deuxième épisode avec – en tout cas en ce qui me concerne – la sensation que le personnage et ses deux amies ont été bien servies, que l’on a leur a effectivement permis de briller. C’est fait sans oublier une touche d’humour (par exemple le quiproquo entre Huntress et Batwoman) et très réussi. Tellement que c’est un cadeau empoisonné à l’adresse de DC Comics. Avec un pitch qui marche aussi bien sur deux épisodes, comment expliquer que ni Renee Montoya ni l’équipe créative n’aient trouvé leur place dans l’organigramme de DC depuis 2011 ? That is the Question… Franchement, l’éditeur aurait intérêt à nous fournir cette réunion de talents et de personnages sur une base mensuelle.

[Xavier Fournier]