[FRENCH] Captain America #619, dernier numéro d’une ère, marque la fin de l’arc Gulag et (ce n’est pas spoiler de le dire) le retour du héros en Amérique, histoire d’être raccord avec des événements qui… se sont déjà passés il y a quelques semaines dans les pages de Fear Itself. Seul problème : si certaines choses sont bien vues, d’autres éléments sont contradictoires, même à l’intérieur des écrits de Brubaker…

Captain America #619 [Marvel Comics] Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Butch Guice, Chris Samnee…
Sortie aux USA le 22 juin 2011

L’ex-Bucky, ex Captain Americe et ex-Winter Soldier est enfermé dans un goulag et traité de manière inhumaine, entouré de tueurs que la rumeur prétendait mort. Avec l’énergie du désespoir, alors qu’on expérimente encore sur ses souvenirs effacés, le personnage tente une ultime évasion, sans plan véritable. Heureusement qu’en face quelqu’un qui n’a guère plus de plan est venu à son aide au même moment. Il fallait sortir « Bucky » de son cachot pour le rendre à nouveau disponible pour les évènements de Fear Itself, OK, mais il y a un petit parfum de précipitation dans tout ça. Même si on sentait bien que certains amis de Barnes n’allaient pas le laisser mariner longtemps là-dedans, la chose est expédiée un peu vite. Passe encore. Mettons que les besoins de l’action fassent qu’on s’attarde peu sur certains détails, OK…

Là où l’histoire laisse rêveur, c’est sur le constat que Steve Rogers fait. Barnes, compromis, ne peut plus véritablement incarner les valeurs de Captain America et son mentor doit donc se demander s’il est prêt à reprendre du service. D’un côté j’aime bien le fait que Brubaker n’attende pas après la disparition de Bucky Barnes pour repositionner Rogers dans ce poste naturel pour lui. OK. Mais de l’autre certaines choses clochent. Car si tout se passe avant Fear Itself #3, visiblement dans FI Captain America c’est encore Bucky, en costume et avec bouclier, sans que cela choque grand monde. Mauvais raccord de continuité entre Brubaker et Fraction ? Peut-être. Ou peut-être aussi qu’on viendra nous dire plus tard que la mort annoncée de ce Cap n’est qu’une astuce pour lui trouver une nouvelle identité, allez savoir… Mais ce qui m’étonne plus c’est que Brubaker soit aussi peu raccord avec Brubaker lui-même puisque dans Reborn, Steve avait une vision du futur qui l’incitait à éviter la mort de Bucky en le confortant dans le rôle de Cap. La décision de lui reprendre le bouclier devrait, normalement, poser un gros cas de conscience à Steve. Et, là, la problèmatique semble bien différente. Et au final peu importe puisque c’est le dernier numéro de la série sous cette forme (avant la transformation en « Captain America & Bucky ») et que désormais le destin de Bucky s’écrira, ou pas, dans d’autres titres. Un numéro qui aurait cependant gagné à paraître avant FI #3 car dans l’état sa portée est un peu éventée…

[Xavier Fournier]