Avant-Première VO: Review Batman Incorporated #13[FRENCH] La guerre entre Batman et Talia touche à sa fin. Et c’est aussi le cas pour le run de Grant Morrison sur l’alter-ego de Bruce Wayne, point culminant de plusieurs années de scènario. Un bouquet final qui, cependant, refuse de refermer une partie des intrigues. Quand on fait appel à l’image du serpent qu se mord la queue, il n’y a pas de fin ultime, en un sens…

Batman Incorporated #13Batman Incorporated #13 [DC Comics] Scénario de Grant Morrison
Dessin de Chris Burnham
Parution aux USA le mercredi 31 juillet 2013

C’est la fin. La conclusion. Batman contre Talia sans merci, s’affrontant d’autant plus qu’il y a désormais entre eux le cadavre de Damian. Et sur ce plan-là Grant Morrison va jusqu’au bout. C’est assurément le terminus de son arc sur Leviathan. Par contre on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un bouquin final comparable à celui qu’on a pu voir sur le dernier épisode du Green Lantern de Geoff Johns. Morrison préfère visiblement laisser certaines portes ouvertes. On ne revoit pratiquement pas les membres de Batman Inc. par exemple (qu’est devenu la nouvelle Knight, par exemple ?)? On ne nous reparle pas non plus d’autres éléments de scénarios évoqués ces derniers mois (par exemple l’évocation d’un ultime puit de Lazare qui pourrait servir à ressusciter le précédent Knight) et c’est d’ailleurs un état d’esprit qui prévaut un peu au long de l’épisode. Le bon côté des choses c’est que ça laisse la place à l’interprétation. Oui, l’ex-Knight est forcément vivant quelque part, hors cadre. Tout comme Kathy Kane l’a été pendant des décennies. Et par extrapolation, si ces deux-là subsistent ou ont subsisté, on en déduira qu’il y a bien un happy end quelque part mais qu’il est caché, que Morrison a préféré l’esquisser sans le finaliser au premier plan.

De ce fait, ce dernier épisode de Batman Incorporated peut s’avérer frustrant. En un sens moins spectaculaire qu’on aurait pu le croire. Il n’y a pas ce plan avec tous les membres d’Incorporated se réunissant pour porter le coup ultime. Il n’y a pas de sentiment de victoire ou même de finalité dans l’esprit de Batman. On ne « referme pas le livre » de manière aussi littérale que l’ultime Green Lantern de Geoff Johns. Mais c’est aussi et surtout parce que l’auteur en a décidé autrement. La fin, la vraie fin, est moins évidente, moins « cinématique », moins facile. Elle saute moins au visage. Il faut aller la chercher dans les allusions et les non-dits. Et pourtant l’écriture a ses moments de bravoure, comme la gestion du commissaire Gordon, que Morrison écrit comme un type qui, quelque part, « sait » mais dans le même temps ne veut pas savoir. Morrison fini donc sur une fin qui n’en est pas une. Et ce n’est peut-être pas plus mal. Parce qu’il y a la place, là-dedans, pour un retour, un jour. Difficile de croire que c’est vraiment le dernier bat-épisode de Morrison et, jusqu’à preuve du contraire, on continuera de penser qu’il a encore en lui au moins quelques histoires liées à Gotham.

[Xavier Fournier]