Avant-Première VO: Review Batman And Robin #37[FRENCH] Batman And Robin en arrive à un épisode charnière, servi par deux auteurs (Peter Tomasi et Patrick Gleason) qui ont fait leur preuve de longue date sur cette série. Hélas ils sont obligés de faire avec des éléments extérieurs liés aux New52 qui font que le décorum n’est pas au rendez-vous. Et il y a des passages où l’on serait bien en peine d’expliquer ce qui se passe…

Batman And Robin #37Batman And Robin #37 [DC Comics]
Scénario de Peter Tomasi
Dessin de Patrick Gleason
Parution aux USA le mercredi 17 Décembre 2014

Batman aura passé un trimestre (enfin trois épisodes de suite) sur Apokolips, pour tenter de tirer le cadavre de son fils des forces de Darkseid. Le problème est que, dans l’univers DC des New 52, on est très loin du degré de définition que Jack Kirby avait donné à son Quatrième Monde. Après, je dis ça sans vouloir jouer les puristes. Que des choses évoluent avec le temps, c’est normal. Le monde d’Asgard, vu par Olivier Coipel, par exemple, c’est une extrapolation. Mais on sent pour quelle raison on effectue ces apports. Apokolips, depuis la relance de DC en 2011, c’est autre chose. La plupart du temps (il faut reconnaître que Jim Lee dans Justice League avait tenté un ou deux trucs mais ça s’est perdu) l’endroit n’est représenté que comme un « machin », une sorte de terrain vague avec des cieux rouges. Les New Gods n’ont pas la même classe qu’avant et leurs adversaires non plus. Ce qui fait d’Apokolips une sorte de limbe rouge… Si bien que ce n’est pas réellement la faute de Tomasi et Gleason si Batman vient de passer trois épisodes à franchir des obstacles dans une atmosphère écarlate mais sans qu’on donne réellement une texture aux événements.

Apokolips réduite à une rougeur omniprésente, c’est un peu comme si l’expédition de Batman et de sa « famille » (chien Titus inclus) s’enfonçait dans le sable en termes de narration. On comprend très bien, sur le plan logique, comment on peut négocier un certain retour. Mais c’est dans l’enchaînement des choses que c’est confus. C’est dommage car ce flou vient se positionner sur certaines actions alors que par ailleurs Tomasi reste fidèle à ses études de caractère. La conclusion de l’épisode est un peu brusque, du coup, mais s’il est vrai qu’il reste un numéro spécial pour résoudre certaines choses, on se dit que les épisodes sur Apokolips auraient pu être mieux occupés.

[Xavier Fournier]