Avant-Première VO: Review Batman #29[FRENCH] Après un numéro futuriste qui était venu comme une bouffée d’air, Batman retrouve l’interminable Zero Year. Mais cette fois, avec un numéro épais et l’espace qui n’est pas perdu dans des histoires annexes, l’épisode est plus dense. Sans être parfait, il respire moins ce parfum décompressé des derniers mois et donne la place nécessaire à l’action…

Batman #29Batman #29 [DC Comics] Scénario de Scott Snyder
Dessin de Greg Capullo
Parution aux USA le mercredi 12 mars 2014

La scène d’ouverture de ce numéro décrit très bien ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans Zero Year. D’un côté il y a le procédé de « complexification » de Snyder, qui revient à compliquer tous les éléments antérieurs qu’on connaissait à l’origine. Non, le petit Bruce n’a pas simplement été au cinéma avec ses parents. Trop facile. Trop limpide. Alors il faut rajouter un détour, une histoire de fugue, un truc en plus pour un truc en plus. Et en même temps, au moins, le Wayne senior de Snyder trouve du coup plus d’humanité, plus de relief que le « sacrifié » habituel qu’on trouve souvent dans les redites des origines de Batman. Avec presque une quarantaine de pages d’histoire, Snyder et Capullo rattrapent un peu les égarements (surtout scénaristiques, Capullo n’étant pas en cause) de ces derniers mois. La narration se muscle à nouveau, avec de l’action très cinématique (le combat dans le ciel entre les dirigeables par exemple).

Assez curieusement, dans cet arc qui quand même gomme pas mal de choses qu’avait écrit Frank Miller, les deux auteurs choisissent de faire référence à l’univers de Miller mais pas à Year One. Alors que Snyder glisse un clin d’œil à All-Star Batman, Capullo, lui, glisse une page qui, sur fond d’éclair, fait beaucoup penser à du Dark Knight Strikes Again. Là où leur personnage s’éloigne du moule millerien, c’est sans doute par un certain côté « larger than life » (encore qu’on trouvait ça un peu dans « Strikes Again »), lorgnant plus vers la fantaisie (typiquement, là aussi, le coup des dirigeables). Un bon point néanmoins pour Snyder pour savoir rendre plus « personnel » le combat contre Doctor Death, personnage avec lequel Capullo s’éclate. Dans l’ensemble il y a un mieux certain, une sorte de réveil de la tension. Mais à deux épisodes de la fin de l’arc, Snyder aura fort à faire pour continuer de redresser la barre de cette saga toujours bien trop longue. Sans doute qu’il aurait fallut plus d’épisodes comme celui-ci et plus tôt…

[Xavier Fournier]