Avant-Première VO: Review Batman #27[FRENCH] Fraichement devenu Batman, Bruce Wayne tarde encore à accorder sa confiance aux autres. Alfred a toutes les peines à essayer de le rendre raisonnable. Mais le justicier se méfie même de Gordon. Jusqu’à ce que le destin force une entrevue entre les deux personnages et que Scott Snyder nous livre une tranche du passé du policier le plus connu de Gotham City…

Batman #27Batman #27 [DC Comics] Scénario de Scott Snyder
Dessin de Greg Capullo
Parution aux USA le mercredi 22 janvier 2014

Non, désolé, vraiment, Zero Year ne le fait pas en ce qui me concerne. Arc trop long, trop lourd, trop pompeux dans ses ambitions, trop occupé à réparer ce qui n’était pas forcément cassé, l’intrigue se traîne depuis des mois pour, sur le long terme, déboucher sur quelque chose « digne » de la fin de la première saison de la série TV Arrow. Bouh ! Le méchant veut faire sauter la ville et le héros l’en empêcher. Je réalise que c’est aussi en un sens le fil rouge des films de Christopher Nolan mais le ton, ici, parait bien plus télévisuel et le jeune Bruce Wayne de Snyder a finalement comme un air de l’Oliver Queen de la TV, qui plus est dans les premiers épisodes, quand la série se cherchait encore. Pour justifier la longueur de l’origine, on en vient à nous montrer Batman comme un type trop buté, au mépris de sa propre sauvegarde, tellement que ça en devient ridicule. Un personnage si obtus ne tiendrait pas 24 heures dans une telle croisade. Pourtant il faut bien dire que Snyder apporte aussi, par ailleurs, de bons moments (la scène avec Gordon et les chiens, ou le moment où les deux personnages en viennent finalement à communiquer pour de bon). Mais dans la globalité ça rame et j’ose espérer qu’après ça Snyder s’en tiendra à des sagas plus courtes, plus compactes.

L’artisan réel de Zero Year c’est Greg Capullo, par sa narration, par sa prise en charge d’éléments graphiques. Même si par moments quelques signaux pourraient nous laisser croire qu’on risque de tourner en rond (la déformation de Batman sur la couverture, sorte d’écho de celle du #6, est cependant un « faux-ami », elle ne représente pas le contenu). Non, Capullo se permet des pirouettes, comme cette seule oreille restante du masque qui, alors que le héros nage, devient comme l’aileron d’un requin. Comme cette scène où Batman se tient sur un câble alors que la foudre frappe en arrière-plan, image qui, chez beaucoup, passerait pour un énième emprunt à Dark Knight et qui ici ne « jure » pas. Greg Capullo fait de Zero Year (exercice un peu vain – ou tout au moins pas assez court – au niveau scénaristique) une saga belle à défaut d’une saga bonne. Capullo reste virtuose là où Scott Snyder, tout en étant par ailleurs généralement un excellent scénariste, s’égare…

[Xavier Fournier]