[FRENCH] Ramené à la vie (et sur le devant de la scène) à l’issue de Blackest Night, propulsé par Brightest Day, Aquaman retrouve sa propre série solo après des années de « retraite ». Mais dans sa version classique (costume orange, deux mains…) est qu‘Arthur Curry peut faire oublier ses faux-airs du cartoon des Super-Friends ? C’est tout le débat dans ce premier numéro…

Aquaman #1 [DC Comics] Scénario de Geoff Johns
Dessins de Ivan Reis
Parution aux USA le mercredi 28 septembre 2011

Il y a visiblement des séries pour lesquelles Brightest Day s’est déroulé… et d’autres qui, à force de reboot, font totalement l’impasse dessus. Au point qu’on n’était même pas totalement certain qu’Aquaman s’inscrirait dans la continuité très récente. Peut-être qu’il aurait tout oublié, qu’il aurait de nouvelles origines et qu’il ne sortirait plus avec Mera ? Sans grande surprise, Geoff Johns a refusé de balancer le bébé avec l’eau du bain. Oui, Johns officialise bien un point de retcon : le fait que les poissons ne lui « parlent » pas (mais si on regarde bien cet élément était en place depuis la fin de Blackest Night, mais pas explicitement mentionné). Ce premier numéro d’Aquaman ne s’attarde pas trop sur les événements précédents mais il ne contredit rien. En un sens Johns a – sur ce plan – un peu la même approche que Brian Azzarello sur Wonder Woman. Même s’il n’est pas aussi célèbre d’un point de vue médiatique, Aquaman a une valeur iconique. Le grand public le connait des dessins animés. Il n’est peut-être pas au jus des arcanes de son origine mais ca importe peu, tout le monde peut comprendre comment il fonctionne. Donc pas de redite, pas de perte de temps. Aquaman veut se réinstaller dans le monde (c’est vrai qu’avec les événements des deux dernières années il n’en a pas eu l’occasion) et va au contact des êtres humains.

« L’ennui » (tout au moins l’ennui à l’intérieur de l’histoire, pas l’ennui pour le lecteur) c’est que les êtres de la surface ont aussi vus les cartoons ou ont vu les multiples parodies sur le net. Pour pas mal de gens Aquaman est un personnage qui ne trouve son efficacité qu’au fond de l’eau. Et qui en dehors de ça semble comme un poisson qu’on sortirait de son bocal. Il est, en un sens, « seulement » le septième membre du coeur de la Justice League. Au point qu’on aurait tendance à croire qu’il est le plus faible, le plus dispensable. Et les gens ne se cachent pas pour lui faire remarquer. Du coup celà donne à Arthur un rôle assez à part dans le DCnU. Là où les passants se méfient beaucoup plus des super-héros qu’avant, ils considèrent l’ex-Roi d’Atlantis comme une blague. Enfin jusqu’au moment où ils l’ont en face. Car il n’est pas facile de faire le malin devant un type capable de résister à la pression des grands fonds armé d’un trident. Il y a une certaine forme d’humour (sans verser dans des choses à la JLI) et Aquaman s’en sort avec une personnalité à part, assez contemplative, qui convient bien à un homme qui a été élevé dans la solitude d’un phare. Aquaman regarde les humains de l’extérieur et ne les comprend pas. Il n’est pas habitué à eux. C’est un bon numéro de démarrage, qui établit l’ambiance du titre et la personnalité du héros. A voir par contre si la menace qui s’annonce ne viendra pas brouiller tout ça…

[Xavier Fournier]