[FRENCH] La nouvelle Angelus fait un peu le tour du propriétaire, découvrant non seulement ce qui lui tient lieu de QG mais aussi la culture des forces en sa présence. Bien évidemment tous ces angelots n’en sont pas vraiment quand il s’agit de tuer pour la cause et l’héroïne est douloureusement ramenée à la réalité de sa mission: abattre le Darkness.

Angelus #2 [Top Cow] Scénario de Ron Marz
Dessin de Stjepan Sejic
Sortie aux USA le mercredi 10 février 2010

Angelus est par la force des choses une « série-sœur » de Witchblade puisque non seulement elle découle du même univers mais qu’en plus les auteurs sont tout simplement les mêmes. Sans compte le fait que l’Angelus elle-même est une ancienne détentrice de la Witchblade. Peut-être que cette production « en parallèle » explique que le dessin, dans les premières pages, ait plus des allures de masses de couleurs que de tracé réellement construit. Stjepan Sejic se heurte à un problème lié au « tout numérique », c’est à dire que son dessin ne donne pas la sensation d’avoir une construction (en tout cas sur les scènes d’ouvertures). La mise en couleurs de certaines pages (par exemple tout un passage sur une locomotive infernale) est très bien, mais la narration et les détails auraient été autrement mieux avec un croquis de base et quelques fuyantes. Ce flou s’estompe par contre au fur et à mesure qu’on avance dans l’épisode et qu’on retombe sur l’environnement propre à l’Angelus, que l’artiste connait peut-être mieux.

Ron Marz fait avancer l’histoire de deux manières. D’une part le fait que l’héroïne est brusquement ramenée vers la dure réalité du travail d’Angelus, c’est à dire exterminer le(s) Darkness. D’une part elle voit une trace tangible des combats passés, de l’autre son armée ne manque pas d’insister sur le fait qu’il faille tuer un certain J. Estacado. D’ailleurs à ce propos je me demande un peu comment tout ça va se goupiller (si cela doit se goupiller) avec les révélations récentes faites par Phil Hester dans la série Darkness où il semble bien, désormais, qu’il n’y ait pas forcément un seul Darkness par génération. Sans forcément partir dans ces considérations d’ordre « universel » le dilemme du personnage principal est intéressant. J’apprécie également quelques touches qui montrent qu’elle ne se laisse pas berner facilement et qu’elle capte que certains tentent de la mener en bateau. D’une part Marz nous montre donc tout un pan de la culture des anges qu’on ne voit pas d’habitude dans leurs apparitions liées à Witchblade ou Darkness, de l’autre le scénariste place l’héroïne dans une situation où le compromis ne peut durer qu’un temps. Tout ça devrait rapidement culminer avec une confrontation avec Darkness, on verra donc rapidement ce qu’il en est…

[Xavier Fournier]