[FRENCH] La famille Kraven a finalement mis en oeuvre son plan pour… pour quoi au juste ? Se venger de Spider-Man et par extension de tous les personnages liés au totem arachnéen ou bien pour ramener quelqu’un, touchant ainsi à une sorte de tabou dans l’univers de la série ? Joe Kelly fait feu de tous bois et le résultat est bien meilleur (en tout cas pour l’instant) que ce à quoi on pouvait s’attendre.

Amazing Spider-Man #635 [Marvel Comics] Écrit par Joe Kelly, JM DeMatteis, Stan Lee
Dessins de Michael Lark, Max Fiumara, Marcos Martin
Sortie aux USA le mercredi 23 juin 2010

Les Kraven ont déjà ramené l’un des leurs, tuant au passage un(e) allié(e) de Spider-Man. C’est le branle-bas de combat pour Peter et quelques autres personnages liés, un peu malgré eux, au totem de l’araignée. Première surprise (déjà visible dans l’épisode précédent): le scénariste Joe Kelly ne s’interdit rien en termes de références. Ni les allusions à Kraven’s Last Hunt (l’arc entier est construit comme une suite thématique de la saga de DeMatteis et Zeck), ni les apparat ions de Kaine (vu ses passages récents dans la série il semble bien qu’il faille le considérer à nouveau comme un personnage récurrent du titre) ni la mention d’Ezekiel. Et personne n’est intouchable, puisque la mort a été au rendez-vous la semaine dernière. Michael Lark est le choix parfait pour illustrer cette saga crépusculaire, c’est dense et on est à plusieurs étages au dessus de l’arc récent sur le Lizard. Le twist de l’épisode a plutôt bien fonctionné. Rétrospectivement je ne dirais pas qu’il est impossible de le voir venir mais je m’y suis laissé prendre et le rebondissement a été efficace. A partir de là, cependant, la méfiance s’instaure quand à ce qu’on nous montre en fin d’histoire. Si on nous a « twisté » sur un élément précédent, allez savoir si cette scène finale est bien ce à quoi on est supposé penser…

En deuxième partie de numéro, même si je ne raffole pas forcément des récits passés de Kaine (bien souvent ils n’apportent pas grand-chose, à part nous dire qu’il est capable d’avoir des sentiments), cette fois on nous montre à quand remontent exactement les relations entre les Kraven et le clone raté de Peter et cela fournit un bon complément de la saga. Puis vient la suite du « strip » de Stan Lee et Marcos Martin, sur lequel j’attends d’avoir l’histoire en entier pour voir ce qu’elle vaut (sachant qu’en attendant le style Marcos Martin est sympa à regarder). L’interminable Gauntlet ne me disais rien qui vaille. Et peut-être que certains lecteurs seront agacés par le côté iconoclaste de ce qui arrive au mythe des Kraven (sachant qu’après tout c’est quand même du « petit lait » par rapport à One More Day). Mais Joe Kelly sait jouer la centrifugeuse, attire les héros (et le lecteur) dans une toile trépidante. Et à partir du moment où la méthode est bonne, c’est sacrément intéressant…

[Xavier Fournier]