[FRENCH] Une grosse multinationale est aux abois, cherchant un repreneur. Mais l’ambitieux Evan est curieusement chargé de traduire les pages d’un texte ancien, liées à l’histoire de Vlad l’empaleur. Tout ça, c’est de la magie, du folklore, mais le patron, Conrad, semble y accorder une importance démesurée. Dracula serait-il de retour ?

Dracula: The Company of Monsters #1 (Boom!)
Scénario de Daryl Gregory et Kurt Busiek
Dessins de Scott Godlewski
sortie aux USA le 25 août 2010

Dans Dracula: The Company of Monsters, Kurt Busiek et Daryl Gregory ramènent Dracula sous un angle relativement nouveau, plus « corporate ». Une compagnie aux relents arrivistes cherche à ressusciter le fameux Dracula (encore que le personnage, dans l’histoire, semble plus traité sous son profil historique que comme un vampire d’opérette tel qu’on peut le voir sur la couverture). Et sans doute, en un sens, que le titre de la série en dit déjà beaucoup sur son propos car, pour ce qui est de ce premier numéro, on voit finalement peu le monstre sanguinaire (sauf à travers quelques flashbacks). Le protagoniste principal, pour l’instant, est le jeune Evan. La créature vampirique, elle, reste encore un objet de mystère alors que le pitch de la série nous laisse à penser qu’il y aura rapidement une confrontation entre le suceur de sang au sens littéral et quelques « parasites de la société »…

L’intro (qui donne un portrait façon « 300 » du Dracula historique) instaure une certaine distance entre le récit et le lecteur dans les premières pages, en raison de la narration à la troisième personne. Et on en sait encore peu sur le personnage d’Evan pour vraiment s’identifier à lui (à supposer que ce soit le but). Par contre, le côté mystérieux est là, c’est certain et cette énième résurrection de Dracula ne ressemble très certainement pas à celles qu’on a pu lire ces dernières années, c’est certain (alors que le paradoxe est que la couverture de Dan Brereton nous « vend » plutôt un cliché de vampire qui n’a pas lieu – en tout cas pour l’instant – à l’intérieur). Le démarrage est un peu lent et nous aurions sans doute aimé que l’histoire avance un peu plus avant de nous laisser dans l’attente, mais ce qu’on peut en voir à ce stade fleure plutôt bon. J’ai l’impression que c’est une série qu’on aura rapidement du plaisir à retrouver de mois en mois.

[Xavier Fournier]