[FRENCH] Déclinaison du célèbre roman de Philip K. Dick, Do Androids Dream of Electric Sheep: Dust to Dust joue à fond la carte de l’exploration de cet univers, avec un surplus d’informations sur les « répliquants » et ceux qui les traquent. Et même une sorte de « guest-apparition » de Mercer, personnage du livre d’origine !

Do Androids Dream of Electric Sheep: Dust to Dust #4 (Boom)
Scénario de Chris Roberson
Dessins de Robert Adler
sortie aux USA le 25 août 2010

La présence du nom de Philip K. Dick sur la couverture, placée comme s’il était une sorte de co-scénariste de la série, est sans doute un peu abusée puisqu’il s’agit en fin de compte d’un apocryphe, d’une continuation d’un univers que l’auteur d’origine n’est plus là pour approuver (ou pas). Mais il est certain que le scénario de Do Androids Dream of Electric Sheep: Dust to Dust (série-sœurde l’adaptation du roman « officiel » d’où a été tiré, par ailleurs, le film Blade Runner) fleure bien les ambiances à la P.K. Dick. D’abord, bien sûr, il y a la question commune. A savoir : l’androïde peut-il vraiment ressentir les choses ou pas. Mais dans ce tandem de chasseurs d’êtres artificiels le plus intéressant n’est peut-être pas l’androïde qui chasse ses pairs mais bien l’autre, celui qui les détecte et qui, par la même occasion, semble condamné à d’horribles hallucinations (relisez/revoyez A Scanner Darkly si nécessaire). L’hallu, l’univers de Philip K. Dick connait bien. Il s’en nourrit d’ailleurs dans de nombreuses histoires et voir cet élément réapparaître ici semble aussi naturel que justifié !

Bon point aussi à l’équipe pour la mention de Mercer (sorte de mélange entre une célébrité de la télévision et le mythe de Sisyphe) qui était un point fascinant du roman original et qui n’est que rarement utilisé dans les adaptations. On ressent bien l’empathie qu’à un des personnages quand il est confronté à Mercer et cela encourage le sentiment de « culture commune » avec ce qu’a écrit, à la base, le romancier. Nous ne saurons jamais ce que Dick aurait pu penser de cette continuation de son idée mais une chose est sure : elle n’a absolument pas le goût d’une trahison et, alors que l’histoire est par la force des choses différente, elle semble plus fidèle à l’auteur que Blade Runner. Je ne suis pas toujours convaincu (loin s’en faut) par la manière qu’à le dessinateur Robert Adler de formuler ses visages et ses expressions mais scénaristiquement « Dust » doit sans doute satisfaire plus d’un fidèle de Dick !

[Xavier Fournier]