Avant-Première VO : Do Androids Dream... #3[FRENCH] L’adaptation en BD de « Do Androids Dream of Electric Sheep » conservant le souci d’une transposition littérale, les fans de Philip K. Dick ne seront pas « spoilés » si on leur dit que ce troisième numéro correspond à une scène-tournant du roman d’origine (et y compris du film Blade Runner) : le test auquel Rachel est soumise pour déterminer si oui ou non elle est un « répliquant »…

Do Androids Dream Of Electric Sheep #3 [Boom!] Scénario de Philip K. Dick
Dessins de Tony Parker
Sortie américaine le mercredi 2 septembre 2009

Avant-Première VO : Do Androids Dream... #3Passage important, incontournable, dans l’œuvre de Philip K. Dick : le « test » que Deckard fait subir à Rachel Rosen permet dans le livre d’établir à la fois une tension entre les deux personnages, de les faire se découvrir tout en soulignant la difficulté de « dépister » les androïdes qui s’infiltrent dans la société humaine. Une situation toute en subtilité qui constitue un peu le nerf de la guerre pour qui veut adapter le bouquin. Scott ne s’y était pas trompé au moment de tourner son film : il s’était bien gardé de couper cette scène (par opposition à d’autres) tant c’est un peu elle qui fait le récit. Suivant au pied de la lettre le texte de Dick (parfois trop, par exemple le bas de la page 10 est plein de « voix off »), Tony Parker livre ici un travail en cohérence avec les deux premiers numéros. Il ne trahit certainement pas le romancier et c’est visiblement le cap qui va être tenu jusqu’à la conclusion de cette maxi-série.

A la réflexion, peut-être même que l’interrogatoire de Rachel n’était que la partie visible de l’iceberg et on reconnaîtra à l’artiste de ne pas avoir oublié le reste. Le même numéro contient également la première rencontre entre John Isidore et la mystérieuse voisine dont il ne va pas tarder à s’éprendre. Là pour le coup ceux qui veulent voir le film en BD risquent de rester sur leur faim. Parker n’a pas fait de « Miss Stratton » une sorte de punkette extravagante à l’allure de poupée. Le personnage est bien plus discret, prudent et proche, encore une fois, du roman d’origine. On ne le dira jamais assez : cinéphiles fans de Blade Runner, cette BD n’est pas totalement pour vous et vous risquez d’être surpris si vous ne connaissez l’univers de « PKD » que par le cinéma (à l’exception de « A Scanner Darkly »). Les autres devraient y être en terrain de connaissance. A noter également que Boom! joue totalement la carte de l’univers de Philip K. Dick. Dans les pages éditoriales on trouve ainsi un appel à aider un proche du romancier dans le besoin, Paul Williams (voir www.paulwilliams.com pour plus d’infos). Bref, là aussi c’est une manière d’approcher l’environnement de l’auteur et de se souvenir que derrière tout ça il y a de « vrais gens ».

[Xavier Fournier]