[FRENCH] Reformer les Avengers et en particulier réunir les trois principales têtes d’affiches n’a rien de facile, contrairement à ce qu’on a pu voir dans le récent Avengers #1. Brian Michael Bendis nous montre une rencontre au sommet entre Iron Man, Thor et Steve Rogers. Et tout n’est décidément pas autant pardonné qu’on aurait pu le croire.

Avengers Prime #1
Scénario par Brian Michael Bendis
Dessins d’Alan Davis
Sortie aux USA le 2 juin 2010

D’abord félicitons nous de revoir Alan Davis dessiner les pages intérieurs d’un projet très en vue. Ces dernières années ce grand artiste a fait un certain nombre de couvertures, de one-shots ou même de mini-séries mais cela faisait bien longtemps que Marvel ne l’avait pas utilisé sur une sortie majeure. A travers Avengers Prime, voici la lacune rétablie. Il également intéressant de voir le style de Davis appliqué à une Asgard en ruine, faisant suite, chronologiquement parlant, au New Avengers Finale récent, dessiné par Bryan Hitch. Si le style de ce dernier a évolué au point qu’on puisse beaucoup moins les comparer qu’avant, il y a une communauté d’ambiance qui fait que le premier réflexe est de croire que tout se passe juste après Siege. Après tous les Asgardiens sont en train d’être évacués et traités par les premiers secours, Iron Man est encore dans son armure classique… Mais Steve Rogers, lui, a eu le temps de faire un aller-retour chez Obama et de se faire nommer 1er super-flic des USA, ce qui sonne assez bizarre en termes de découpage des événements. Et comme tout ceci nous est raconté après (tout en se passant avant) Avengers #1, dans lesquels les trois personnages centraux sont passés à des rapports moins tendus, l’habitude des flashbacks anachroniques de Bendis donne ici un effet une nouvelle fois bizarre.

Avengers Prime #1 enfonce aussi le clou sur le fait que le Iron Man écrit par Bendis semble tout à fait se souvenir de ses actes pendant Civil War et l’Initiative, même les revendiquer et les défendre… Là où le Tony Stark version Fraction est amnésique et soucieux de faire amende honorable. Ceci dit il faut bien dire que Steve Roger me parait également curieux, beaucoup plus offensif envers Tony que dans Avengers #1 (mais peut-être que le passage de cette mini va expliquer que Steve se soit calmé par la suite ? Allez savoir). Reste… reste que l’objectif que le scénariste s’est fixé (visiblement isoler les Big 3 pour leur permettre de régler leurs différences) est atteint de manière assez convaincante. Il faut dire, encore une fois, que le crayon de Davis aide énormément et que dans ces conditions la révélation de la menace est plutôt sympa… Globalement la qualité est au rendez-vous et si on ne tente pas trop de se poser des questions par rapport aux autres titres Marvel du moment, c’est même excellent. Et puis bon, Davis quoi…

[Xavier Fournier]