A l’occasion de War of the Realms, Freyja, l’épouse d’Odin, est prise d’une soif de vengeance. Elle décide donc de recruter quelques personnages de l’univers Marvel qui ont en commun une capacité à atteindre une taille gigantesque. De Scott Lang (Ant-Man) à l’Atlas des Thunderbolts, les héros qui ont le pouvoir de devenir un Giant-Man se donnent rendez-vous dans cette minisérie où il leur faut infiltrer l’antre des vrais géants du mythe asgardien.

Giant-Man #1Giant-Man #1 [Marvel Comics]
Scénario de Leah Williams
Dessin de Marco Castiello
Parution aux USA le mercredi 15 mai 2019

Giant-Man (la série, pas le personnage) a un peu le parfum de ces projets à la Asgardians of the Galaxy, dont on sent qu’ils ont à la base un total boulot de commande mais pour lesquels les équipes créatives rebondissent et détournent le cahier des charges pour déboucher sur une alchimie intéressante entre les personnages. Dans le contexte de War of the Realms, Scott Lang et trois autres « héritiers » du pouvoir de Giant-Man sont en effet contactés par Freyja, la « mère toute puissante d’Asgard », qui a pour eux une mission d’infiltration. C’est qu’il s’agit de partir au nouveau royaume des géants du givre. Ce que Freyja n’a cependant pas anticipé, c’est que si les pouvoirs du quatuor correspondent parfaitement à la mission, niveau personnalité on est plus proche d’une équipe de bras cassés. On connait le côté fébrile de Scott Lang (surtout depuis qu’il a été écrit par Matt Fraction puis Nick Spencer), les nouveaux Giant-Man (le personnage, pas la série) et Goliath sont de relatifs débutants… et Atlas, qui est d’une certaine manière le plus ancien de la bande, est connu depuis Thunderbolts au moins pour… suivre les ordres. Or, cela supposerait qu’il y ait un leader compétent dans le groupe et ce n’est pas le cas. Du coup, Giant-Man (la série, pas le personnage) est comme une pastille assez sympathique et légère dans le contexte d’un crossover qui, lui, est une histoire de guerre et de mort. On apprécie aussi le coup de projo donné sur des héros qui ne sont pas si « courants » ces temps-ci. Ce qui est un peu « spécial », par contre, c’est que l’histoire est une suite directe de War of the Realms #2 mais parait cependant la même semaine que le #4. C’est un peu dommage que l’éditeur n’ait pas joué sur une meilleure synchronicité.

« You will venture deep into frost giant-occupied territory, undercover. »

Marco Castiello dessine cette histoire atypique en commençant assez bien (la scène où Scott se cache puis est recruté) mais en maitrisant de moins en moins ses effets de matière et ses textures à mesure qu’on avance dans l’épisode. Pourtant, globalement, il se tire bien d’un exercice où, malgré les pouvoirs plutôt physiques des quatre héros, les scènes mettent plutôt l’accent sur les dialogues entre les personnages. Si le titre de la minisérie est Giant-Man (un nom déjà déposé par Marvel et qu’il faut entretenir) pour des questions de copyright, on peut tiquer un peu sur le côté « club de mecs » du line-up, d’autant plus que depuis Mighty Thor on sait Freyja plutôt militante sur la place de la femme. Il est donc – dans la logique interne – qu’il n’y ait pas au moins une « géante » parmi les héros. Si l’on comprends bien que la présence de Janet Van Dyne, héroïne expérimentée, ruinerait un peu l’aspect « Ã©léphant dans un magasin de porcelaine » du groupe, il y a Stinger et sans doute encore d’autres héroïnes possibles. Disons que si sur la couverture il y avait un groupe de femmes, façon dix secondes d’Avengers Endgame, certains s’épancheraient sur le « féminisme toxique » de la situation. Giant-Man n’est pas une série « masculiniste », mais depuis longtemps on a passé le stade de séparer les hommes et les femmes et ça n’aurait pas été un mal de penser à un peu de mixité.

[Xavier Fournier]