[FRENCH] Changement de structure ce mois pour l’anthologie que Boom Studios consacre aux zombies. Cette fois ce n’est pas une suite d’histoires courtes mais un seul récit ou plus exactement plusieurs segments d’un seul récit que l’éditeur a choisi de passer en une fois. Si la variété des styles faisait la force des numéros précédents, il faut bien dire que « Zaambi » gagne sans doute à être lu en une seule traite. Qui plus est Terry & Chris Morgan jouent la carte du dépaysement…

Zombies Tales #4 [Boom Studios] Scénario de Terry Morgan & Chris Morgan
Dessin de Gabriel Hardman, Minck Oosterveer, Jason Ho
Sortie américaine le 27 août 2008

Prouvant une nouvelle fois que le potentiel des histoires de zombies n’est pas prêt de s’essouffler Boom nous paie cette fois-ci le billet d’avion pour… quelque chose qui ressemble à l’Asie antique. Le récit de Terry et Chris Morgan projette en effet le mythe du zombi (ici nommé Zaambi) dans cette ambiance épique, avec les trois histoires formant un triptyque dans lequel on voit le héros passer du stade d’enfant à celui de guerrier puis d’exterminateur de mort-vivants… Non sans payer un certain prix. L’histoire est efficace et tombe un peu à pic au moment où sort au cinéma le troisième film de la saga « la Momie », qui brasse allégrement également Asie et revenants. C’est là aussi le cas puisqu’on ne se prive pas de nous montrer une armée de soldats en terre cuite. Il y a par contre un curieux choix de comprimer différentes cultures et de projeter des guerriers japonais dans la Chine ancienne sans qu’ils soient au courant. Cela dit cette circonstance improbable donne à l’ensemble un petit charme. En un sens on pourrait se croire dans un vieux film des Shaw Brothers… Qui auraient croisés le chemin de Romero.

Chaque segment est dessiné par un artiste différent mais ce n’est pas franchement gênant puisque les trois styles ne sont pas contradictoires et qu’ils symbolisent un peu le changement de mentalité du héros au fur et à mesure qu’il avance dans la vie. Il y a une ambiance assez chargé et les illustrateurs n’oublient pas de faire des allusions visuelles marquées aux estampes anciennes. On se glisse assez facilement dans les codes de cette histoire et l’avantage du changement de formule de la revue est qu’elle forme essentiellement une sorte de one-shot ce mois-ci. On peut prendre ce numéro sans s’engager pour un arc, c’est un récit complet. Dans l’ensemble « Zaambi » est rafraîchissant et a un contexte qui lui est propre, anachronique. Quand il est question des autres continents, par exemple, on mesure à quel point ce monde n’était pas celui qu’on croyait. Décidément, il reste à dire sur ces cadavres ambulants, à plus forte raison quand Terry et Chris Morgan introduisent une créature de taille à s’opposer à eux, qu’on quitte avec regret sur la fin, en se disant que la fin, peut-être un poil rapide, aurait pu ouvrir la voie à une minisérie… En tout cas c’est une lecture sympa et le fait qu’on n’aurait pas craint d’en avoir un peu plus en est la preuve.

[Xavier Fournier]