xempvul001_cov2.jpg[FRENCH] Continuation directe du premier arc d’Ed Brubaker sur Uncanny X-Men, cette mini-série consacrée à Vulcan et ses principaux ennemis débute doucement. Le scénario en lui-même est d’un ton assez neutre (en gros si vous avez aimé l’arc d’Uncanny, vous y trouverez votre bonheur mais dans le cas contraire…). Par contre Chris Yost gagne quelques bons points sur le plan des dialogues.

X-Men Emperor Vulcan #1
[Marvel Comics] Scénario de Christopher Yost
Dessins de Paco Diaz
Encrage de Vicente Cifuentes
Sortie américaine prévue: 12 septembre 2007

Tout le monde n’est pas rentré sur Terre au terme de l’histoire d’Ed Brubaker dans les épisodes récents d’Uncanny et cette nouvelle mini-série nous révèle ce qu’ils sont devenus, qu’ils fassent partie des bons ou des méchants. Mais pour parler franchement, le début de cette saga est tellement raccord avec ce qui a précédé qu’ils n’ont pas eu le temps de devenir grand-chose. Ce qui fait qu’on a pendant un bon moment l’impression d’un « on reprend les mêmes et on recommence ». Tout au plus le principal élément de nouveauté est apporté par l’irruption d’une nouvelle race extra-terrestre, mystérieuse pour l’instant. Maintenant il faut reconnaître à Yost une certaine affinité avec certains personnages, tangible à travers des répliques bien senties. Par la manière qu’il a d’écrire Ch’Od le fait sortir du lot. Tout comme certain(e)(s) des X-Men restés en arrière. Paradoxalement on pourrait croire que le leader du groupe va occuper le premier plan mais s’il est intéressant c’est plus à travers le regard que les autres portent sur lui, scrutant le moindre signe de doute de sa part. Là aussi, Ch’Od fournit un point d’ancrage intéressant, à la fois admiratif et caustique.

Maintenant un des problèmes du projet c’est que les motivations de Vulcan sont loin d’être nettes. D’accord, il est lui aussi là où on l’avait laissé dernièrement mais que veut-il ? De quoi a-t-il réellement envie ? Son but parait diffus, vide de sens, et c’est plutôt bizarre dans une mini-série qui porte son nom. A noter un passage où il se déguise sous un capuchon pour marcher incognito dans la rue sans qu’on le repère et cette scène m’a fait penser (mais bien sûr ça n’était pas l’idée de Yost) a certains sketchs de Kaamelott quand le roi Arthur cache son visage sous une capuche identique pour passer inaperçu et savoir ce que les gens pensent réellement de lui. Mais là dans le cas de Vulcan, ça sonne un peu faux, un peu trop introspectif pour un garçon qu’on a vu tuer des innocents en s’en réjouissant. Autre petit truc qui jure, le fait que certains des X-Men restés en arrière se parlent en utilisant leurs noms de code. Quand les personnages sont entre eux, sur le pont d’un vaisseau spatial à des années lumière de leur planète d’origine et qu’en plus de toute façon même sur Terre leur identité n’a plus rien de secrète, on peut se demander ce qui leur prend d’utiliser leurs pseudos pour des conversations privées. Enfin c’est un détail (pas de quoi crier à la trahison) et sinon les dialogues restent la pièce maîtresse de l’ensemble, comme cette femme qui dit à une autre « il doit parler de toi, moi ça fait longtemps que je ne suis plus folle » ou l’un des Starjammers qui insiste pour avoir une petite chanson avant la bataille.

Pour l’instant les choses restent quand même globalement assez figées. Reste à voir ce que la nouvelle race va apporter ou pas au récit. A défaut, si d’ici quelques épisodes la mini se contentait de laisser en place les « jouets » scénaristiques (là où Ed Brubaker les a laissé), ce serait assez décevant. Nous verrons ce qu’il en est dans les mois à venir.

[Xavier Fournier]