[FRENCH] Suite et fin d’un arc qui force les nouveaux New Warriors à confronter à plus d’un niveau les racines de leur nom. Non seulement il leur faut montrer qu’ils sont dignes d’assurer la relève et également se mesurer à quelques anciens. Mais voici que des questions se posent, touchant à l’origine même de Civil War. Et si les « vieux » New Warriors n’étaient pas morts ce jour-là ? Et s’ils étaient retenus quelque part ? On nous aurait menti ? Les New Warriors en auront le cœur net ! Mais… Quels New Warriors d’abord ?

New Warriors #15 [Marvel] Scénario de Kevin Grevioux
Dessin de Koi Turnbull
Sortie américaine le 27 août 2008

Autant le dire tout de suite, depuis le lancement de cette incarnation des New Warriors et passé le premier épisode, j’ai de gros doutes sur le concept même de la série. Certes au début c’était sympa de voir s’installer un mystère qui l’emportait sur l’empathie qu’on ressent d’habitude pour les protagonistes d’une série. Dans le premier arc on ne s’intéressait pas aux états d’âmes de Wondra et des autres, on se demandait d’abord et tout simplement qui ils étaient. La révélation venue, ne restait plus qu’à s’intéresser à Night-Trasher en se demandant si c’était l’original ou pas. Et une fois cette seconde révélation venue… plus rien. Le pilote automatique était passé, la série était en roue libre et on peinait (peine ?) à s’intéresser au devenir de personnages pour lesquels, d’un épisode à un autre, on a du mal à se souvenir de qui est qui. Il y avait aussi le pourquoi du comment ces personnages là seraient intéressés par la perspective de se faire passer plus spécifiquement pour les New Warriors que, disons, les New Power Pack ou les New Fallen Angels.

Je ne dirais pas que Kevin Grevioux a sauvé la série mais il livre là deux épisodes qui scénaristiquement respirent ce que devraient être en permanence les New Warriors : Un parfum de parano qui montre que jusqu’à la dernière page l’interprétation des choses peut être changée. Et surtout une sorte de philosophie dont les racines se trouvent dans les premières pages… de Civil War. En fait le mois dernier les New Warriors (les New Warriors actuels, ceux qui sont la vedette de la série) se sont retrouvés face à Counterforce (autrement dit les New Warriors « canal historique », fraîchement évadés des pages de Avengers: The Initiative). L’astuce est connue : les utilisateurs modernes d’un nom s’opposent aux anciens propriétaires du nom en question. Mais Grevioux trouve un autre axe quand ces deux tenants de l’histoire des New Warriors arrivent à des conclusions similaires. En particulier le fait que le vrai Night-Thrasher et ses co-équipiers morts en introduction de Civil War n’auraient sans doute jamais participé à un reality show… De là à en déduire que ces héros n’étaient pas les vrais, qu’il s’agissait peut-être de Skrulls se faisant passer pour eux et que Trash et les autres sont vivants mais planqués dans un endroit inconnu, il y a un pas que les deux équipes franchissent allégrement, se lançant dans une quête pour ramener une preuve de la survie de leurs amis disparus. La trouveront-ils ? On ne va pas vous raconter la fin mais l’idée est bonne et elle aurait sans doute due être amenée bien plus vite dans la série.

Cette rencontre New Warriors/Counterforce ne se déroulant qu’en deux épisodes (là pour le coup, avec quelques éléments en plus la chose – non, pas Ben Grimm – aurait pu être montée en vrai arc que cela ne m’aurait pas gêné), je ne vous dirais pas qu’elle est la réponse de cette question mais il faut bien reconnaître que pendant quelques pages Grevioux tient son lectorat. Et comme en plus tout ça se passe sur fond de Secret Invasion, il y a effectivement des Skrulls au programme../ Si ces deux épisodes sont dynamiques, on espère que le mois prochain nous serons fixés sur le fait que ce souffle et que cette justification peuvent durer dans la série. Le scénariste termine sur un cliffhanger un peu oblique (par rapport au reste de l’épisode) qui peut vouloir dire bien des choses. Donc à voir si ce n’était qu’un sursaut ou si la série a trouvé son sens.

[Xavier Fournier]