FRENCH] Jusqu’où ira Spider-Man dans l’espoir de sauver la femme qui compte le plus pour lui ? Jusqu’au bout et partout pourrait-on dire. Cette fois il se tourne vers Docteur Strange. La réaction de ce dernier est assez prévisible. Jusqu’à ce que JMS éclaire d’un jour nouveau la relation des deux héros dans son « run ». On comprends soudain pourquoi le Docteur était si « sec » dans les épisodes passés…

Review Friendly Neighborhood Spider-Man #24 [Marvel Comics] Scénario de J. Michael Straczynski
Dessin de Joe Quesada
Sortie américaine prévue: 10 octobre 2007

Il faut sauver Tante May. Et du coup Peter est prêt à aller demander de l’aide à n’importe qui, tout en sachant que le temps lui manque. Premier arrêt : son collègue au sein des New Avengers, Docteur Strange. Il a le double avantage d’être un chirurgien et un magicien. Mais Strange est plutôt pessimiste, sur un ton de « puisque son heure est venue… ». Au passage, la chronologie des événements comment à me laisser un peu perplexe (bien que ça ne soit pas la faute de JMS), en particulier après en avoir parlé avec mon collègue Pierre Bisson qui le premier m’a posé la question : Quand est-ce que cela se passe par rapport à New Avengers ? Visiblement après la reformation avec la maison de Strange comme QG (d’où l’aspect délabré de la maison). Mais alors comment donner un sens aux agissements de Spider-Man (non pas dans le contexte des séries Spider-Man mais dans celui, plus large, de l’univers Marvel) ? Si on en croit les séries de Spidey, Peter a adopté le costume noir pour traquer le sniper et l’employeur du sniper. Depuis le début de One More Day, il a repris son costume classique. Mais alors que faire des événements de New Avengers dans la logique interne du héros ? Doit-on croire que, alors qu’il portait son costume de « deuil » et s’inquiétait pour sa chère Tante May il aurait été d’accord pour… aller au Japon pour enquêter sur le sort d’Echo ? Ou même qu’il serait passé plusieurs fois chez Strange pour des choses aussi ordinaires que prendre le petit dej’ avec ses collègues. Ca parait un peu gros. Mais bon, c’est l’un des problèmes qui découlent de la notion d’univers partagé et ce n’est pas spécialement la faute de Friendly Neighborhood Spider-Man #24. Disons plutôt qu’on a du mal à voir où tout cela invervient dans le cheminement du héros et que l’usage ou le non-usage du costume noir dans différentes séries pose des questions.

Docteur Strange finit par couper la poire en deux et à céder partiellement à la requête de Peter. Puisqu’il ne peut l’aider directement, il va l’envoyer vers ceux qui, peut-être, pourraient le faire. Curieuses listes d’experts. Si la présence de Dead Girl m’a amusé (elle est logique vu les relations passées avec le Docteur dans la dernière mini-série X-Statix), certains autres m’ont laissé incrédule. Je ne crois pas que Spider-Man ait besoin de Docteur Strange pour entrer en contact avec des gens comme Yellowjacket ou Reed Richards mais le problème est qu’ils sont pro-registration et que ce sont précisément les gens que Peter s’est évertué à fuir encore très récemment. Disons que s’il avait voulu leur aide, il ne se serait pas embêté à assurer l’anonymat de sa tante dans les hôpitaux. On peut aussi se demander comment des scientifiques peuvent répondre un « non » catégorique sans avoir vu le dossier médical de la patiente. Enfin, le « casting » d’experts exclue de manière assez opportune tous les super-guérisseurs. Un geste de la main de Elixir (New X-Men) ou Archangel (X-Men) pourrait logiquement guérir May sans le moindre effort. Alors hop, on les laisse de côté bien vite, sinon il n’y aurait pas d’arc possible.

Malgré ces limitations, il y a quand même plusieurs bons points dans ce numéro. D’abord il a plus de rythme que le premier chapitre de l’arc, c’est certain. Même le graphisme de Quesada me parait plus soutenu que dans l’épisode précédent (sans doute s’éclate t’il particulièrement avec l’atmosphère liée à Docteur Strange). Ensuite, à peu près au troisième tiers du numéro, le scénariste sort un intéressant gimmick de son chapeau qui lui permet de réhabiliter une scène précédente qui avait réuni Docteur Strange et Spider-Man sans que le dialogue ait totalement de sens (à l’époque). Là, on comprends mieux pourquoi le Strange de JMS a souvent été sec ou même brutal avec Spider-Man. Je regrette encore un peu que la tentative de sauvetage de la tante soit autant lié à la magie mais cet épisode est sympathique. La fin ouverte semble indiquer que dans le troisième opus on va entrer dans le vif du sujet…

[Xavier Fournier]