avengersinitiative6.jpg[FRENCH] Changement de ton pour la série de Dan Slott qui démontre une nouvelle fois son côté polymorphe. Après des histoires un tantinet « black ops » dans les précédents numéros, voici que The Initiative se transforme en jeu de Cluedo. Qui a fait le coup ? Tout le monde ou presque est suspect. Et les personnages jusque là restés dans le second plan commencent à mentionner quelques secrets…

Avengers The Initiative 6 [Marvel Comics]
Scénario de Dan Slott
Dessin de Steve Uy
Sortie américaine prévue: 26 septembre 2007

Si dans le premier épisode Slott s’était employé à nous convaincre que les vedettes de la série étaient les nouvelles recrues (Hardball, Cloud 9…), depuis il nous a bien montré que la vraie vedette est la série. Personne n’est à l’abri. Au détour d’un épisode ou même d’un simple case, un personnage peut se faire éjecter aussi vite qu’il peut apparaître dans la série. Où ceux qui faisaient de la figuration jusqu’ici esquissent des traits qui surprennent. Ce 6ème numéro est un stand-alone (encore que je ne le conseillerais pas comme point d’entrée dans la série, vu qu’elle est encore jeune, vous n’avez qu’à chercher le #1 ou commander le TPB) qui a la particularité d’être dessiné par Steve Uy. Ca n’a tout simplement pas le même niveau visuel que les 5 premiers épisodes. Mais c’est clairement le scénario qui l’emporte : quelqu’un a fait l’objet d’une tentative d’assassinat à l’intérieur de la base et lutte entre la vie et la mort. Normalement, les dirigeants de l’Initiative règlent entre eux ce problème mais là, peut-être parce que la victime a de la famille, ce sont des enquêteurs fédéraux qui débarquent et foutent leur nez partout. Ca ne fait ni l’affaire des recrues soupçonnées, ni celle des adultes qui les surveillent habituellement. En quelques épisodes, le Camp Hammond est tout simplement devenu le théâtre de bien trop d’objets pour qu’on les révèle au grand jour.

L’intrigue permet d’en savoir plus sur différents personnages, bien que l’effet soit inégal. Le fait que Gauntlet soit dans le privé un bon père de famille et qu’il avoue brimer ses ouailles seulement parce qu’il veut le meilleur pour eux est certes « gentil » mais si l’idée était de le rendre plus complexe, c’est un peu loupé. Ca fait surtout déjà vu. Disons que j’ai été frappé de voir à quel point personne ne le trouvait sympathique dans l’enceinte de la base. Si l’on veut ajouter des mi-teintes au personnage, peut-être que lui créer une sorte de tissu social ne serait pas un mal.

Intéressante scène entre Tigra et Yellowjacket, qui corrobore une autre scène vue dans Mighty Avengers il y a quelques mois. Mais le plus intéressant reste ce qui se passe dans la cage des suspects. Justice, l’ex Marvel Boy, reprend brusquement un peu de relief à travers divers éléments. La scène le montrant en train de menacer quelqu’un de mort prend son relief quand on se souvient que ce boy-scout a déjà fait de la prison pour meurtre. Quelques instants plus tard, c’est sa relation avec quelqu’un d’autre dans la base qui prend une tournure curieuse… En un sens ce n’est pas illogique puisque Firestar s’est retirée de la vie de super-héroine au tout début de Civil War… Ce qui me fait me demander si, par un brusque retour de manivelle, on ne risque pas de la voir descendre d’un prochain bus de recrues. Ce serait bien le moment…

Une des choses qui m’a dérangé est le côté impersonnel des deux enquêteurs, en armure de la tête au pied pendant l’épisode. Difficile de voir les choses de leur point de vue alors qu’ils restent pratiquement des énigmes. Ils sont cependant loin d’être des idiots et comprennent qu’on cherche à les manipuler. Au final le criminel n’est pas celui qu’on attendait et lance quelques pistes intéressantes pour l’avenir même si j’imagine que son identité en glacera plus d’un. Ce n’est tout bonnement pas un personnage mis beaucoup en évidence ces derniers temps et cette brusque arrivée sur le premier plan risque d’égarer les lecteurs qui ne le connaissent pas… Il sera intéressant de voir ce que tout ça deviendra par la suite, c’est certain !.

[Xavier Fournier]