Faîtes l’amour, pas la guerre ! Faîtes l’amour ET la guerre ! Evan Brandon et Esad Ribic font équipe pour ce nouveau titre d’Image Comics. L’amour parce que le pied que prennent les deux auteurs à tisser cet univers est d’emblée tangible. La guerre parce qu’elle est au centre du récit, comme l’incarnation d’un RPG. La guerre a été privatisée et les soldats s’entretuent pour le plaisir de ceux qui les observent.

VS #1VS #1 [Image Comics]
Scénario d’Ivan Brandon
Dessins d’Esad Ribic
Parution aux USA le mercredi 7 février 2018

Si vous aimez la science-fiction nappée d’une sauce de testostérone barbare, les sagas façon Planet Hulk ou X-O Manowar, l’ambiance Space Marines des jeux comme Quake et autres RPG, on ne saurait que vous conseiller la lecture de VS (Versus). Gladiateurs-soldats, les personnages s’y affrontent pour le plaisir des masses. Mais attention. Si la caméra tombe en panne, tout s’arrête faute d’audience et vous risquez de perdre votre avantage tactique lors de la reprise. Satta Flynn, un guerrier équipé d’un harnais bardé de bras mécaniques, est le leader d’une de ces unités sacrifiées pour l’audience. Mais ce n’est que le début de l’histoire, le personnage devant également apprendre à vivre en dehors du champ de bataille. Si Ivan Brandon est à la base du récit, c’est bien le dessin de Ribic qui caractérise d’emblée cette série, avec une tonalité, une définition visuelle des personnages et de leur technologie qui nous renvoie aux meilleures époques de Métal Hurlant ou de 2000 AD. En effet, Satta Flynn a quelques petits airs d’un Méta-Baron malaxé avec un Rogue Trooper.

We’re always being watched.

L’idée de départ, des gladiateurs dans l’espace, est assez basique. Mais elle fonctionne. Cependant il faudra assez vite que les auteurs s’émancipent de la donne de départ. Car dans l’état elle fait un peu penser au début de la nouvelle Soldier from Tomorrow (1957) d’Harlan Ellison, nouvelle qui avait été plagiée par Bill Mantlo chez Marvel. Et l’on sait Ellison intraitable. Cela dit les dernières pages nous incitent à penser que VS va évoluer vers quelque chose de différent. Pour l’heure, le crayon de Ribic donne à ce premier épisode tout le caractère nécessaire. Globalement, VS se révèle très efficace.

[Xavier Fournier]