Après un premier numéro qui laissait entendre beaucoup de choses possibles sans vraiment trancher, Rick Remender et Jerome Opena entrent cette fois dans une phase beaucoup plus explicatives. On nous détaille ainsi le passé de la famille d’Adam mais aussi la montée du tyran qui s’est acharné sur eux. Sous le vernis de la Fantasy, une fable sur le Totalitarisme ?

Avant-Première VO: Review Seven To Eternity #2Seven To Eternity #2 [Image Comics]
Scénario de Rick Remender
Dessins de Jerome Opena
Parution aux USA le mercredi 26 octobre 2016

Dans le monde de Zhal, ou la magie existe, la famille Osidis est l’une des rares à avoir dit non au « dieu des murmures » (alias Garlis Sulm). Ils ont préféré fuir et se cacher… jusqu’à ce que le patriarche soit tué par les serviteurs de Garlis. Adam, désormais responsable pour le petit clan Osidis, n’a d’autre choix que se rendre au siège du pouvoir de ce tyran si puissant, dans l’idée d’échanger sa vie ou son âme contre le bien-être de sa famille. Mais… ce serait trop simple si les choses s’arrêtaient là. Remender et Opena, en un épisode, nous livrent un peu l’origine de la famille Osidis (et d’Adam en particulier) mais aussi celle du terrible seigneur qui s’oppose à eux, un brin Darth Vader, un brin Staline et un petit quelque chose de Méphistophélès. C’est à dire qu’il personnifie un certain côté « noir de la force », mais aussi une tyrannie basée sur la servitude, sur le fait que la masse préfère abandonner son confort dès lors qu’on lui promet une récompense. Et puis il y a l’art et la manière de faire des « deals » en les formulant de façon à appuyer là où ça fait mal. Et même si Adam était prêt à beaucoup de sacrifices, l’épisode retourne la situation de manière à ce que la situation soit loin d’être simple à la fin de ce deuxième chapitre.

« But, oh, you say… Tyranny is wrong. »

Garlis peut sembler très manichéiste mais dans son discours se cachent des choses plus fines que cela, qui parlent finalement de notre société contemporaine, parfois à la recherche d’un leader providentiel… sans prendre en compte le prix à payer. On comprend mieux, en cours de route, ce que les autres habitants de Zhal reprochent aux Osidis, ou tout au moins ce qui les pousse à leur reprocher quelque chose, tandis qu’un flashback nous éclaire sur la nature d’Adam. Tandis que le père, Zeb, était sur ses gardes, Adam est d’un naturel confiant… Et on comprend qu’à la base il n’est pas vraiment « fait » pour lutter contre Garlis et ses sbires. Mais à ce stade beaucoup de choses, encore, peuvent se renverser. Sommes-nous entrés dans ce qui constitue réellement le cœur de la série ou bien encore dans une forme de prologue ? Avec un titre comme « Seven To Eternity », il est difficile de ne pas penser que les sept enfants d’Adam sont appelés à jouer un rôle important dans les épisodes à venir.

[Xavier Fournier]