Avant-Première VO: Review Mera: Queen Of Atlantis #1

Mera: Queen Of Atlantis #1

Mera est exilée à la surface tandis que le trône d’Atlantis est occupé par un usurpateur et qu’Aquaman est resté au fond de l’océan pour essayer d’animer la rébellion. Pour ceux qui se souviennent de la série Aquaman en 2011, c’est le moment de retrouver le phare et la vision d’une jeune femme tentant de vivre dans un monde qu’elle ne comprend guère. Mais la nouvelle de l’usurpation d’Atlantis s’ébruite, attirant l’attention d’un ancien adversaire.

Mera: Queen Of Atlantis #1Mera: Queen Of Atlantis #1 [DC Comics]
Scénario de Dan Abnett
Dessins de Lan Medina
Parution aux USA le mercredi 27 février 2018

Mera dans son propre titre ? Voilà au moins neuf ans que la chose aurait dû se produire. Dans les pages de Blackest Night (2009), Geoff Johns et Ivan Reis ont proprement réveillé l’héroïne, en faisant un personnage qui égalait Wolverine par la rage et Wonder Woman par la force. Et qui surtout pouvait exister autrement que dans l’ombre de son époux. Le temps a passé et personne chez DC Comics n’a semblé traversé par l’idée que Mera était un peu l’une des révélations de Blackest Night et que l’on pouvait faire éclore sa popularité. En 2018, sans doute que la perspective d’avoir un TPB de Mera à vendre au public au moment de la sortie du film Aquaman a joué. Alors, voilà l’oublié réparé ? Oui et non puisque si Mera reçoit physiquement sa propre minisérie ce n’est, à en juger par ce premier épisode, qu’une ramification des événements qui se déroulent dans le titre Aquaman. Mera ne vole pas de ses propres ailes, elle s’installe comme une extension de son chéri. En clair, la série s’adresse surtout au lectorat d’Aquaman et même si certains efforts sont faits pour synchroniser les montres, ceux qui voudraient prendre ce Mera: Queen Of Atlantis #1 comme une porte d’entrée dans la vie de la reine des mers seraient un peu perdus. Cela n’empêche pas Dan Abnett de faire un travail de la même teneur que sur Aquaman, pas moins bon. Mais ce n’est pas LA grosse occasion pour Mera de brille, comme on aurait pu l’espérer. En fait, le paradoxe est qu’en quelques scènes un ennemi juré d’Aquaman fait preuve de beaucoup plus d’humanité. En un sens c’est lui, pas Mera, qui se réveille.

« You know you shouldn’t be out here fighting! »

Lan Medina fait un bon travail de narration graphique, en particulier pour ce qui touche aux flashbacks liés à Mera. Mais derrière lui on peut noter que la collaboration entre l’encrage et la colorisation n’est pas optimale. D’un côté Richard Friend encre avec des ombres très nettes, très tranchées, avec peu d’effets de grisé ou de mi-teinte. De l’autre Veronica Gandini, aux couleurs, traite les choses avec des teintes plutôt claires et assez unies, ce qui fait que les choses baignent un peu dans une même lumière qu’on soit dans l’ombre ou en pleine lumière, à l’extérieur en pleine nuit ou à midi dans un appartement éclairé. On peut prendre comme preuve, en guise d’exemple, la scène ou Mera surgit hors de l’eau, devant un ponton d’un marron uniforme. Pris séparément l’encreur ou la coloriste ne sont pas en faute. Mais leur réunion fonctionne mal. De telles ombres nécessiteraient des couleurs plus soutenues. Et inversement les teintes actuelles fonctionneraient mais avec un encrage moins marqué. Derrière, le dessin de Medina est parfois comme écrasé par l’encrage ET la colorisation. Sans que ce soit réellement la débâcle, l’épisode pouvait, avec le même niveau d’efforts, s’en sortir bien mieux. Ce n’est pas indigent. Mais ce n’est pas la série qui remettra Mera sur la carte, surtout quand un adversaire semble s’en tirer avec beaucoup plus de charisme.

[Xavier Fournier]
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