Tueuse de démons et de monstres en tous genres, Black Betty n’a rien du physique d’une Witchblade. Au contraire voici une mercenaire spécialisée dans le surnaturel qui se distingue par sa carrure et son tempérament. Un personnage particulier, immédiatement attachant, même si les menaces demeurent très basiques, en tout cas pour ce début de série.

Black Betty #1Black Betty #1 [Action Lab/Danger Zone]
Scénario de Shawn Gabborin
Dessins de Michela Da Sacco
Parution aux USA le mercredi 10 janvier 2018

Héroïne introduite dans un numéro spécial à l’occasion d’Halloween 2017, Black Betty est une chasseuse de primes dans un monde où les loup-garous, zombies et trolls sont une réalité. Rien à voir avec un contexte façon Bright de Netflix. Black Betty est taillée comme une armoire à glace et se distingue par un sacré caractère. Scénaristiquement, imaginez une sorte de Rosie la Riveteuse, mixée avec une employée de boutique de tatouage, qui vivrait des aventures à mi-chemin entre Supernatural, la série TV Evil Dead ou bien the Goon. Cynique, ronchon même, elle est capable d’exterminer les créatures les plus terribles… ou de les absorber en elle pour les neutraliser. Elle fonctionne immédiatement sur la page et apporte dans les comics un modèle de femmes qu’on n’y voit pas souvent, encore moins dans un titre solo. Black Betty n’est pas taillée comme les super-héroïnes de Marvel ou DC. Costaude, carrée, elle est massive sans pour autant reproduire le schéma d’un Faith de Valiant. Et comme elle rôde dans l’intérieur des USA à la recherche de bestioles qui ne demandent pas qu’on perde seize pages à leur inventer des origines, cette série d’Action Lab est très facilement abordable.

« I have this habit of being in the wrong place at the wrong time. »

Aux dessins, Michela Da Sacco fait preuve d’une assez bonne narration et composition, même si elle se centre principalement sur les personnages, délaissant régulièrement les décors, lesquels ne sont pas vraiment aidés par une mise en couleurs option Ripolin (le marron et le kaki omniprésent dans la scène du bar, par exemple). En fait à bien y regarder Michela Dal Sacco se débrouille bien pour placer et construire ses personnages. Mais elle souffre de défauts inhérents au dessin numérique. Avec la même base de dessin, elle gagnerait sans doute a tester des « brosses » donnant une autre épaisseur aux tracés. Mais s’il y a quelque chose d’amateur dans le traitement (pas très fan du monstre vers la fin), la manière de raconter fonctionne dans l’ensemble et la gouaille de Black Betty fait le reste. Une héroïne hors-normes pour les comics, qu’il faut peut-être tenir à l’oeil.

[Xavier Fournier]