[FRENCH] Cette semaine, ouverture d’une très courte série sur quelques chroniques au sujet « improbables » autour de l’univers des super-héros de Fawcett. Comme nous l’avons déjà indiqué, The Marvel Family sera (et de loin) l’objet éditorial le plus vendu aux Etats-Unis (et sans doute dans le monde) pendant le golden age. Mais contrairement à d’autres personnages comme Superman, Batman et Blue Beetle (cf. French Collection #6) le brave « Big Red Cheese » ne sortira qu’assez peu des pages des comics.

En effet, beaucoup moins de produits dérivés (et notamment de jouet) siglé Captain Marvel seront produit en comparaison de ceux consacrés à Superman. Il y bien eu une série de badge avec les héros Fawcett (cf. French Collection #43) mais rien d’autre de mémorable.

Pourtant, il existe un domaine dans lequel Captain Marvel devancera Superman et restera considéré comme le meilleur. En 1940, la société Republic Pictures spécialisé dans les serials (ces films découpés en chapitres qui étaient projetés en première partie de séance afin de fidéliser les enfants) souhaite adapter le succès planétaire qu’est devenu Superman. Malheureusement, le projet n’obtient pas l’accord de DC Comics. Entre temps, Republic a développé une technique d’effets spéciaux afin de reproduire la capacité de voler du personnage. Ne voulant pas laisser ces coûts ne pas être rentabilisé, Republic contacte Fawcett et obtient la licence de Captain Marvel.


Le film « Adventures of Captain Marvel » sort en 1941 en douze chapitres. C’est la première production cinématographique mettant en vedette un super-héros (il est distribué plus de six mois avant la série de film d’animation des frères Fleischer consacré Superman). C’est un immense succès et il est considéré comme le plus brillant aboutissement de ce type de production (si vous voulez juger de vous-même je vous signale que l’éditeur Bach Films vient de sortir un VOST du serial).

Mis à part le cinématographe (serials et dessin animés) il était un autre medium très en vogue pendant le golden age que certains super-héros ont investis. Il s’agit bien entendu de la radio. Nous avons déjà vu le cas de The Shadow (cf. French Collection #15) qui est directement issu d’une émission radiophonique. Mais des personnages comme Superman et Blue Beetle eurent également droit à leur émission coast to coast.

En effet, au regard de l’étendue du territoire américain, les émissions étaient retransmises par un réseau de station radio a des horaires différents. Cela permettait de créer un sentiment local autour du personnage. Un projet d’émission radiophonique consacrée à Captain Marvel a d’ailleurs fait l’objet d’un projet qui restera lettre morte.

Il faut dire que « The Big Red Cheese » avait déjà réussi à créer un outil de communication original lui permettant d’être proche des lecteurs. Dans Captain Marvel Adventures #24, commence la série qui sera appelée « city story ». Dans ce numéro, l’une des aventures de Captain Marvel se déroule à Minneapolis. Les événements sont vraiment locaux et des personnalités de la ville apparaissent dans l’épisode. Cette série aura visiblement beaucoup de succès auprès des lectures qui écrivirent à la rédaction de Fawcett pour obtenir un « déplacement » de leur héros favoris dans leur ville.

La série comporte de nombreux épisodes dont certains ont été adaptés en France dans la série Capitaine Marvel de la Sage. Il n’est pas certain que les jeunes lecteurs de l’époque aient bien compris les sous-jacent de la série. Néanmoins, l’apparition de plusieurs épisodes de cette série originale au monde du comic qu’est « city story » méritait un improbable mais nécessaire hommage.

[Jean-Michel Ferragatti]