[FRENCH] Bien que nous ayons parlé quelque fois du personnage dans nos chroniques passées, nous ne lui avons jamais consacré une chronique. Ceci grâce à la publication d’un épisode où ses origines tiennent un rôle central par les éditions Interpresse. A partir de 1966, la publication des éditions Interpresse consacrée à Superman modifie son nom. De Superman, elle passe à Superman & Batman avec pas mal de variations. C’est ainsi que le numéro qui nous intéresse est titré Superman et Jimmy Olsen car les deux héros partagent la couverture du magazine. Mais l’épisode de ce Superman et Jimmy Olsen n° 9 de 1966 qui nous intéresse est celui intitulé « L’homme du passé de Robin ». Les éditions Interpresse avaient visiblement décidé d’installer Batman comme co-vedette du titre, la rédaction décida visiblement de mené un travail similaire à celui qu’elle avait fait sur Superman. Elle ne commence cependant pas par les origines du personnage titre (bien que comme nous allons le voir dans un prochain French Collection elles ne tarderont pas) mais sur celles de son sidekick.

Robin, the Boy Wonder (traduit en français par Robin le jeune prodige) est apparu dans Detective Comics #38 en avril 1940. Le numéro a été créé par Bob Kane, Bill Finger & Jerry Robinson qui revendiquent tous une partie de la paternité du personnage. Richard John « Dick » Grayson est un enfant de la balle. Il sillonne les Etats-Unis dans un cirque avec ses parents. Le trio réalise un numéro de trapèze exceptionnel sous le nom des Flying Graysons. Mais alors que le cirque s’arrête à Gotham City, le propriétaire fait l’objet d’une tentative d’extorsion de la part du gang de Tony Zucco. Il refuse de payer et les racketteurs le menacent de représailles. Le jeune Dick surprend la conversation par hasard.

A la représentation suivante, alors que Bruce Wayne assiste au spectacle, les cordes d’un trapèze cassent et les parents de Dick s’écrasent au sol. Bruce s’intéresse à l’accident et c’est sous l’identité de Batman qu’il capture les assassins des Flying Graysons avec l’aide du jeune Dick. Touché par le désarroi mais aussi la volonté du jeune garçon qui lui rappelle la mort de ses propres parents, il propose à Dick de le prendre sous son aile et de lui apprendre à combattre le crime. Pour ce faire, il se fait nommer tuteur légal du jeune orphelin qui emménage avec lui.

Très rapidement, Dick progresse et endosse rapidement le costume de Robin, the Boy Wonder (dont nous découvrirons bien plus tard qu’il a été porté par Bruce pendant son enfance). Le costume est visiblement un hommage à Robin Hood mais également inspiré du rouge-gorge.

Les deux héros apparaîtront alors comme The Dynamic Duo avec énormément de succès, lançant ainsi la mode des sidekicks. En effet, les jeunes lecteurs peuvent plus facilement s’identifier dans ces héros de leur âge et les ventes du titre augmentent. Robin aura même le droit à des aventures en solo qui commencent dans Star Spangled Comics #65 (février 1947) en remplacement de la Newsboy Legion.

Peu de choses changeront pour the Boy Wonder pendant les années suivantes si ce n’est qu’il perd son statut de vedette de Star Spangled Comics pour laisser la place à Tomahawk (cf. French Collection #48). Il faut dire que les super-héros commencent à perdre de l’audience. Mais Robin ne craint pas grand-chose du fait de son duo inamovible avec Batman. A partir de juin 1954 et World’s Finest Comics #71 il partage même effectivement les aventures de The Mightiest Team in the World comme le proclamait le titre.

Dans l’épisode « L’homme du passé de Robin », ce dernier retrouve un peu de son passé en aidant Sando, un hercule de cirque qui était son ami avant le drame de la mort des Flying Graysons. Il l’innocentera même avec l’aide de Batman d’un crime que ce dernier revendiquait pour protéger son fils. L’épisode permet de raconter les origines de Robin sous forme de flashback. Toutefois à cette période, les titres principaux de Batman se vendent de moins en moins bien et Irwin Donendfeld demande à Julius Schwartz et Carmine Infantino de redynamiser The Dynamic Duo, ce qui donnera lieu à ce les spécialistes appellent The New Look.

En France, Robin, the Boy Wonder apparaît pour la première fois pendant le golden age en 1940 dans l’hebdomadaire Les Grandes Aventures n° 5 à 8 qui traduit l’épisode de Detective Comics #39. Bien qu’il garde son nom et que l’épisode soit en couleur, il perd son masque (cf. French Collection #16). Il apparaît ensuite en couleurs, sous son vrai nom (même si the Boy Wonder a été traduit par L’étonnant petit garçon) et avec son masque dans l’hebdomadaire L’Audacieux pour la traduction de l’épisode Clayface walks again tiré de Detective Comics #49.

Après-guerre, il apparaît en N & B et sous le nom de Rouge Gorge dans l’hebdomadaire Tarzan et dans deux récits complets de la Collection Supplément à Tarzan (cf. French Collection #32). Il réapparaîtra enfin en couleur dans l’hebdomadaire L’Astucieux jusqu’à quasiment la fin du golden age français. Ces deux dernières parutions seront tirées des Daily & Sunday Comics Strip et non des comics books où apparaissent The Dynamic Duo.

Car en plus d’apparaître dans Detective Comics, Batman, Star Spangled Comics & World’s Finest Comics Robin, the Boy Wonder est aussi la co-vedette des Comics Strip de Batman qui sont publiés au travers de tous les Etats-Unis. L’épisode de Superman et Jimmy Olsen n° 9 de 1966 aux éditions Interpresse marque le vrai retour de Robin le jeune prodige en francophonie et il ne quittera plus la scène francophone avant longtemps et nous reviendrons ultérieurement sur les évolutions du personnage dans d’autres French Collection.

[Jean-Marc Ferragatti]