Avant-Première VO: Review Xerxes – The Fall of the House of Darius and the Rise of Alexander #1

Xerxes - The Fall of the House of Darius and the Rise of Alexander #1

Frank Miller revient à l’univers spartiate de 300 en s’intéressant cette fois à Xerxes et à Alexandre le Grand. Hollywood, entretemps, n’a pas pris le temps d’attendre pour donner une suite au film de Zack Snyder (le « Rise of an Empire » de sinistre mémoire). Si bien que le projet de Miller d’extension de la BD d’origine a longtemps semblait… repoussé aux calendes grecques. Mais le voici, qui s’ouvre à nouveau par des compositions bien particulières du maître.

Xerxes - The Fall of the House of Darius and the Rise of Alexander #1Xerxes – The Fall of the House of Darius and the Rise of Alexander #1 [Dark Horse Comics]
Scénario de Frank Miller
Dessins de Frank Miller
Parution aux USA le mercredi 4 avril 2018

Si vous gardez de Frank Miller l’image des back-ups et de certaines couvertures du récent Dark Knight III, avec des résultats inégaux, replonger dans le monde de 300 demande un moment d’acclimatation dans le sens où il s’agit d’un exercice entièrement différent. Parce que, depuis les années 80, Miller s’est gardé de redevenir un « monthly artist » et qu’il a souvent marqué des poses entre les projets, il est tentant de juger de chaque nouvelle livraison comme un curseur chronologique de l’évolution de l’artiste, en oubliant un peu vite que le premier concerné ne considère pas de la même manière les différentes ambiances. 300 n’est pas Sin City qui n’est pas Dark Knight et inversement. Voilà pourquoi au moment de se lancer dans la lecture de Xerxes – The Fall of the House of Darius and the Rise of Alexander il faut se replonger dans la lecture de 300 et y trouver ici une forme de continuité visuelle, quand bien même le trait est peut-être moins brutal que dans la première œuvre. 300 et Xerxes se démarquent en effet du comic-book habituel par un sens de la chorégraphie, d’une disposition qui empreinte aux anciennes mosaïques et poteries grecques… tout en gardant une fonction volontaire de caricature volontaire, un tantinet cartoon. Les jambes des Spartes sont lourdes, leurs silhouettes trapues formant comme une texture qui vient tapisser la page. C’est la composition qui l’emporte sur le trait. Pris séparément, les silhouettes d’Aeskylos, Darius, Miltiades et des autres peuvent paraitre vite expédiées. Typiquement, pour son apparition à cheval, Miltiades a l’air d’un pantin, avec les traits de son visage inachevés. C’est à dire qu’il faut lire Xerxes comme on regarder du théâtre d’ombres, avec une grille de lecture bien particulière.

« If he hadn’t taken to scribbling down his dramas.. ..Aeskylos might’ve become a surgeon. »

Pour ce premier numéro, Frank Miller s’attaque ni plus ni moins à la bataille de Marathon, se concentrant surtout sur quelques personnages qui vont animer la nouvelle saga. Comme à son habitude, Miller est défiant de l’autorité et des hiérarchies. Ici le gradé est maquillé pour la parade, fait le beau et tandis que les hommes sous ses ordres font le sale boulot. Pourtant même Miltiades (quand même assez éloigné de sa représentation classique) tient son rôle et motive les troupes pour la victoire. Tous sont se battent pour établir la nouvelle démocratie, principe qui, au long du projet pourrait bien servir à Miller pour émettre quelques commentaires de son cru. A ce stade, ce premier épisode est surtout une mise en bouche et une sorte de déclaration d’intention. On ne fait pas encore le tour de ce que Miller se propose de raconter mais il déploie ici un registre graphique ambitieux, qui assume une différence et n’est donc pas pour tout le monde.

[Xavier Fournier]
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