Avant-Première VO: Review Batman #42

Batman #42

Plus connue pour sa relation symbiotique avec le monde végétal, Poison Ivy est devenue maîtresse du monde. L’humanité toute entière semble obéir à ses ordres, lui sert pour ainsi dire de drones. Seuls deux personnages sont épargnés : Batman et Catwoman, que la jardinière du crime garde à l’œil. Attention à eux s’ils sortent du périmètre autorisé, Poison Ivy n’hésitera pas à faire appel à… la Justice League.

Batman #42Batman #42 [DC Comics]
Scénario de Tom King
Dessins de Mikel Janin
Parution aux USA le mercredi 7 mars 2018

On a déjà pu l’aborder dans de précédentes chroniques : si Tom King tire le meilleur parti de Batman (et de Catwoman) en termes de méga-arcs, d’intrigues au long cours et de développement de personnages, il a tendance, sur une grille de lecture plus immédiate, à revenir sur des choses déjà établies. Batman #42 en est une bonne démonstration puisqu’on a d’un côté le côté complice de Bruce et Selina qui continue d’être exploité d’assez bonne manière et, dans le même temps, quelque chose qui sonne comme un gros sentiment de déjà-vu. Parce que quelqu’un qui pousse la Justice League à pourchasser Batman, on peut dire que ces dernières années c’est devenu comme enfoncer une porte ouverte. Entre le coup du Joker dans les épisodes de Scott Snyder, le Virus Amazo dans la Justice League ou plus récemment Metal, on peut dire que la ficelle est maintenant bien usée et qu’elle comporte assez peu de surprises. D’autant qu’il s’agit toujours de mesurer principalement Batman aux mêmes (Superman, Flash…). Si c’était Aquaman et Cyborg qui étaient mis en évidence, cela changerait peut-être un peu la donne. Là, forcément, on ne tremble pas vraiment pour Bruce et Selina. Disons cependant que ce n’est sans doute pas l’intention de King de jouer sur le suspens. Il est plus dans la logique d’un Morrison, nous démontrant que Batman est toujours prêt à tout, même avec des astuces simples (le coup du sifflet). Inversement cela banalise aussi la League. Que Catwoman soit capable de prendre de vitesse certains speedsters, on peut mettre ça sur le dos de l’inexpérience d’Ivy avec leurs pouvoirs mais tout cela décompose le sentiment de danger.

« Now, we still need someone to do the flowers… »

Aux dessins on retrouve Mikel Janin, au premier abord pas forcément aidé par les couleurs de June Chung. La palette de cette dernière, en effet, alterne entre des scènes aux tonalités délavées (l’intérieur du Manoir Wayne) et d’autres plus crues (le décor du Bat-burger). On comprendra qu’en toile de fond il s’agisse d’essayer de maintenir une identité visuelle dans la lignée des dessinateurs des sagas précédentes. C’est plus ou moins efficace par endroits. Mais finalement cela sert l’histoire par son côté décalé, un peu pop’art même. Tandis que Catwoman réagit au stress par la plaisanterie et la bravade, le côté artificiel de certaines lumières va dans le bon sens, comme si les deux héros étaient les seuls protagonistes réels dans un décor préfabriqué. On espère cependant que Poison Ivy va faire preuve de plus de nerf par la suite, où qu’à défaut la nouvelle arrivante rendra les choses plus folles.

[Xavier Fournier]
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