Comme la série principale Star Wars, le comic-book consacré à Darth Vader redémarre de façon synchro en s’intéressant à la période qui fait suite à l’Empire contre-attaque. Et si vous pensez que lorgner sur le passé ne peut mener qu’à ressasser des choses déjà connues, attendez-vous à de sacrées surprises dans les dernières pages. De quoi faire halluciner les fans de Star Wars…

Star Wars: Darth Vader #1Star Wars: Darth Vader #1 (Marvel Comics)
Scénario de Greg Pak
Dessin de Raffaele Ienco
Parution aux USA le mercredi 5 février 2020

Ecrire une série Star Wars « générale » qui repose sur les retombées de l’Empire contre-attaque, c’est pratiquement jouer sur du velours tant le traumatisme d’un Luke Skywalker qui vient de découvrir qu’il le fils de Vader est une matière riche. Et puis il y a aussi l’escalade de ses pouvoirs (Luke est clairement plus expert au début du Retour du Jedi qu’il ne l’est à la fin de l’Empire). A comparaison, Darth Vader peut sembler être beaucoup plus monolithique, rester le même à travers les films de la trilogie originale. Greg Pak ouvre cependant une porte radicalement différente. On a tendance à l’oublier mais la conclusion de l’Empire n’est pas, à proprement parler, une victoire pour le seigneur Sith. Il a tenté de convaincre son fils de le rejoindre et s’est pris un vent. Le scénariste décide d’explorer ce sentiment : Vader, qui a découvert depuis quelques temps qu’il a un fils, décide de se venger de ceux qui l’ont élevé secrètement et l’ont monté contre lui. Et puis reste une chose que Vader ne s’explique pas, c’est l’existence même de ce fils. Il décide donc de mener l’enquête sur Tatooine et ailleurs, à la recherche de quelqu’un sur qui passer ses nerfs. Mais cette traque va avoir des retombées inattendues. Trois pages avant la fin on retrouve un premier visage familier. Le temps de se dire « tient, il est là lui ? », ce premier épisode révèle son autre surprise, de quoi bien secouer la mythologie des Skywalker et faire de cette nouvelle série Vader quelque chose d’inattendu, où beaucoup de choses peuvent finalement se produire.

« You gotta EVAC! »

Raffaele Ienco dessine superbement cette série relancée, avec une narration proche du manga (en particulier les scènes liées à l’Empire contre-attaque) sans pour autant que le trait soit asiatisant. Les scènes sont fouillées, détaillées, bien qu’elles soient aidées de manière irrégulière par la colorisation. Ça marche très bien sur Tatooine, un peu moins sur la dernière planète visitée mais l’ensemble reste superbe. Les comics Marvel de l’ère actuelle ont déjà réservé à l’occasion quelques surprises, comme l’introduction de Sana Starros, la supposée « première épouse » de Han Solo, qui s’était révélée finalement être autre chose. On peut se poser la question de savoir si ce qu’on pense voir à la fin de ce numéro est réel ou si les apparences sont trompeuses. Mais Pak et Ienco se définissent un périmètre créatif réel. D’abord en jouant sur un Vader remonté comme un T-800, prêt à taper sur tout ce qui se présente en mode badass (la scène dans les flammes, par exemple). Ensuite, en nous faisant gamberger sur ce que l’on croyait savoir. Reste à voir ce que cela donnera dès le deuxième épisode, mais les auteurs laissent les fans de Star Wars sur une envie furieuse de vite lire la suite.

[Xavier Fournier]