[FRENCH] La deuxième saison de Walking Dead a repris cette semaine aux USA, rebondissant sur la conclusion du 7ème épisode (diffusé fin 2011) pour « redistribuer les cartes ». Encore que… On ne peut pas dire que la donne ait entièrement changé. Au moins la distribution sait maintenant qu’elle peut arrêter de courir dans les bois à la recherche d’un personnage qui ne reviendra plus. Est-ce que pour autant la série change de rythme ?

On n’en pouvait plus de cette quête à rallonge autour du sort de la petite Sophia et des héros qui, épisode après épisode, s’aventuraient dans le no-man’s land à sa recherche. Aussi il était presque « jubilatoire » de voir le sort du personnage réglé lors de la « mid-season ». Jubilatoire est un mot un peu fort pour décrire non pas le fait qu’une petite fille se prenne une balle mais bien, plutôt, pour l’évolution obligatoire que cette scène annonçait. En ouverture du huitième épisode on a presque l’impression que les scénaristes nous passent un message très explicite à travers la voix de Glenn: « Il est temps d’avancer : Je pense que c’est pour le mieux. Trouver Sophia était tellement important pour tout le monde ». Oui, il était grand temps d’avancer. Malheureusement en termes de jeu d’acteurs et même de dialogue, la série montre à quel point elle sait être parfois monocorde. Il est certain que Walking Dead ce n’est pas Benny Hill et que les personnages ne sont pas supposés rire sans fin. Leurs mésaventures ne prêtent pas vraiment à autre chose qu’une certaine forme de dépression. C’est d’ailleurs aussi un peu le cas dans le comic-book d’origine. Oui mais dans la BD Robert Kirkman prend la peine de ménager des scènes de colère à ses personnages. Il y a des moments où ils explosent. Dans la version TV, par contre, beaucoup de choses sont « rentrées », intériorisées. Ce qui fait que tout le monde déprime pratiquement de la même voix, dans le même sens. Et quand Rick laisse exprimer une certaine rage (comme à la fin de cet épisode) c’est en restant relativement impassible. Les canons parlent mais pas les visages ou les dialogues. C’est dans doute un problème qu’il faudra régler si la série veut tenir sur la durée….

Dans le même temps le show a su envoyer un signal fort à une certaine partie du public qui s’était peut-être fait à la formule « alternance de scènes champêtres » et « la séquence zombie de la semaine ». On avait presque oublié que dès les premières minutes de la saison 1 Rick collait une balle à une petite fille zombie. Seulement à l’époque, c’était une petite fille que personne ne connaissait. On pourrait dire que ce n’était pas un personnage à part entière. Le cas de Sophia est différent puisqu’on montre l’anéantissement de quelqu’un qui a vécu, a parlé à l’écran. Comme c’est dit plus tard dans l’épisode, il y a une différence entre les morts qu’on connaissait et les autres, qu’on a connu seulement comme des morts. La nuance est là, dans cette décision de mettre en terre « ceux que nous aimons et de brûler les autres ». Le choc n’est donc pas le même cette fois-ci, aussi bien pour les survivants que pour les spectateurs. On comprend que la plupart des héros soient choqués. On aimerait cependant que certains soient un peu plus révoltés pour varier le jeu des réactions.

L’autre différence qu’induit cet épisode c’est qu’en dehors d’un vague réveil et d’une scène de bras coupé qui dure deux secondes, il n’y a pas à proprement parler de « séquence zombie de la semaine ». Cette fois il ne s’agit pas de chercher si un zombie va attaquer dans la grange, dans le puit ou à la sortie de la pharmacie. Au contraire la balle revient (au sens propre) dans le camp (ou on devrait plutôt dire « les » camps) des vivants. Là aussi un certain public comprendra le sens de la scène finale, ce « chacun pour soi » qui fait que dans un monde de ce type on ne peut pas s’en tenir qu’à zigouiller des gens qui sont déjà morts. Walking Dead reprend et continue de ne pas aller dans le sens d’un public familial. Ce huitième numéro a ses bons moments, mais on aimerait quand même qu’entre ces scènes il y ait plus de nerfs…

[Xavier Fournier]