Avant-Premire VO: Review Wonder Woman #6

16 septembre 2016 Non Par Xavier Fournier

Diana, alias Wonder Woman, arrive dans le « monde des hommes » en compagnie de Steve Trevor. Mais elle et lui ne parlent pas la mme langue, se comprennent vaguement, au mieux, et le foss culturel se creuse quand l’arme amricaine met son nez dans l’affaire, pas du tout mais alors pas du tout convaincue que le militaire ait t sauv, comme il le raconte, par une le peuple par des amazones. Une femme suspecte que personne ne comprend ? Et si on la mettait au cachot ?

Wonder Woman #6 [DC Comics]
Scnario de Greg Rucka
Dessins de Nicola Scott
Parution aux USA le mercredi 14 septembre 2016

Greg Rucka continue sa reformulation des origines de Wonder Woman. Avec ce premier contact avec l’humanit « normale », le scnariste insiste sur le ct sensible et spontan de l’hrone. Dans un premier temps elle est loin d’tre prsente comme invincible. Et il est vrai que lors des preuves du tournoi, dans le chapitre prcdent de Wonder Woman Year One (soit Wonder Woman #4), on notait que Rucka semblait avoir revu les aptitudes des Amazones la baisse. Cet pisode permet de faire le lien avec le niveau de puissance que l’on associe d’habitude avec Diana mais dans un premier temps la « femme-merveille » est avant tout perdue dans un monde dont elle ne matrise pas les tenants et les aboutissants. Et si Trevor sait, par la force des choses, qu’il peut lui faire confiance, il a le plus grand mal ce que ses semblables suivent sa version des faits. Dans cet environnement peut-tre pas hostile mais en tout cas nettement moins amical que ce quoi Diana pouvait s’attendre, chaque nouveau visage ami est le bienvenu et c’est donc le moment que choisi l’auteur pour enrichir un peu la supporting cast de cet arc (dans la mesure o les « nouveaux » personnages sont dj connus, par ailleurs, dans la phase moderne de la srie).

« Diana. He didn’t mean… it wasn’t an attack. »

La dessinatrice Nicola Scott s’clate clairement avec les gabarits diffrents des personnages, qui ne font pas tous le mme poids, n’ont pas tous la mme carrure, semblent innocents ou mfiants selon ce que l’histoire exige d’elle. Elle anime vritablement un pisode qui ne contient pas beaucoup d’action, qui ngocie un virage mais qui, avec bien des artistes, tournerait au vite lu. L, les choses prennent le temps. Et si les couleurs semblent encore un peu flashy, des scnes finalement pas si videntes, comme l’intervention des animaux, donnent ce numro un certain fond. A ce sujet, on notera que Rucka aime organiser des ellipses. De la mme manire que dans WW #4 on sautait carrment la dernire preuve du tournoi puisque l’issue tait finalement vidente, cette fois la rencontre de Diana avec certains protagonistes importants est elle aussi jou « hors-champ ». Mme si on y reviendra sans doute par la suite, ce dcrochage permet de prsenter l’hrone comme moins dpendante de certains bienfaiteurs. Il y aussi une sorte de sentiment libratoire (au propre comme au figur) dans sa dmonstration de pouvoirs. On apprciera aussi la rfrence cette fois totalement assume G. Prez, auteur emblmatique de l’amazone dans les annes 80. Rucka et Scott continuent si bien sur leur lance qu’on en prendrait facilement pour plusieurs dizaines d’pisodes racontant sur le mme ton comment Wonder Woman s’est acclimate au monde, avec ses premires rencontres avec d’autres protagonistes de l’univers DS. L’arc dans le pass sera sans doute bien plus court, videmment, mais ce sentiment tmoigne de la russite des auteurs.

[Xavier Fournier]