Avant-Premire VO: Review All-Star Batman #4

11 novembre 2016 Non Par Xavier Fournier

C’est un Batman bien mal en point qui tente de rsister la surenchre de super-vilains lancs ses trousses pour librer Two-Face. Mais l’homme aux deux profils n’a pas pens que le justicier pourrait profiter d’une aide venue d’une source inattendue. En « back-up », Duke termine sa mission en lui donnant une conclusion toute personnelle.

All-Star Batman #4 [DC Comics]
Scnario de Scott Snyder
Dessins de John Romita Jr., Declan Shalvey
Parution aux USA le mercredi 9 novembre 2016

Il y a deux fils conducteurs dans cette saga d’All-Star Batman. D’une part Batman, fidle ses habitudes, a toujours tout prvu. Il n’y a pas un bout d’ongle qui ne cache pas une arme, un gadget, une astuce… De l’autre, cela ne l’empche pourtant pas d’tre mis en difficult devant une avalanche d’ennemis. Certains font partie des plus obscurs, des plus secondaires. Mais ils ont le nombre pour eux. John Romita Jr. s’amuse toujours redfinir Two-Face et les autres personnages qui lui tombent sous la main… Parfois mme au-del du raisonnable, car il n’tait sans doute pas « urgent » de relooker des personnages rcents comme les Talons de la Cour des Hiboux. Dans ce quatrime numro on continue de voir quel point Scott Snyder fait appel toutes les res de l’histoire de Batman. Si on s’en tient au seul plan scnaristique, il est certain que le « pige mortel » dans les gouts a des accents de certaines couvertures du Silver Age. C’est dire que Snyder ose lorgner sur le ct « corny » des dcennies passes, profitant de la puissance de feu de Romita pour imposer la chose. Autre exemple, la manire totalement surraliste de transporter Two-Face, accroch un biplan. On est client ou pas de ce ct dlirant, mais ce qui intresse vraiment Snyder, on le sent (et on le constatera aussi dans la back-up), c’est la dimension personnelle. Malgr le tourbillon de piges et de situations, la marque de Snyder passe par les retours l’enfance, quand Bruce Wayne se souvient de sa propre noirceur.

« Man, what part of you is not boobytrapped ? »

Et c’est sans doute, aussi, ce qui donne une utilit particulire Duke Thomas. Plus qu’un Robin, le nouvel « alli en jaune » de Batman est une touche d’optimisme dans son univers. Il coute de la musique dans les missions, incarne un lien entre Bruce et un monde au-dehors, qui n’est pas directement li ses enqutes. Dick, Jason et Tim taient des « lves en formation », de vritable bat-commis que Bruce formait le remplacer. Damian, c’est autre chose, il a t lev par sa mre pour en faire une machine tuer et c’est son pre qui doit lui apprendre l’optimisme (et quelque part forcer sa propre nature). Duke, c’est un « bon gars » dans le primtre rapproch de Batman. La seconde histoire nous le montre, quand il termine l’pisode en donnant sa dfinition trs personnelle de l’opinion de Batman sur un de ses pires adversaires, tout en continuant de donner la priorit la famille. Par contre, ce qui est un peu dommage, c’est que dans ce qui ressemblait une aventure solo du jeune hros, Batman apparat comme un deus ex machina… Tout comme inversement Duke en fait de mme dans l’histoire principale. La technique du « ah je suis en mauvaise posture mais voici un fidle alli qui va retourner le rapport de force » a ses limites et c’est un procd qu’il ne faudrait pas trop rpter dans cette srie, qui reste par ailleurs trs nergtique.

[Xavier Fournier]