Jesse Quick (Violett Beane) a traversé les réalités pour demander l’aide de la Team Flash. Sur Terre 2, son père a en effet disparu du côté de Gorilla City, dernière résidence connue du terrible Gorilla Grodd. Une expédition de sauvetage est organisée en urgence. Mais Barry Allen (Grant Gustin) et ses amis sont-ils réellement préparés à ce qui les attend de l’autre côté ?

« I’m going back to Earth 2 »

H.R. Wells (Tom Cavanagh) a disparu et Jesse Quick arrive donc sur Terre 1 pour trouver de l’aide. Très vite Flash et ses proches montent donc un plan de secours. D’autant que Barry a remarqué qu’une attaque de Grodd fait partie du futur de Central City, ce même futur qu’il tente d’empêcher afin de sauver Iris. Une idée s’impose : sauver Wells et combattre Grodd, c’est donc, aussi, sauver Iris. On serait tenté de lui dire qu’au contraire aller chercher querelle sur Terre 2 aux gorilles est encore la plus sûre manière de les encourager à s’intéresser à Terre 1 mais c’est une idée qui n’a pas l’air de vraiment traverser le cerveau de Flash et des autres. De toute façon, pas le choix, il faut bien sauver Wells et une partie du casting traverse donc le multiverse grâce à Cisco et se retrouve dans une jungle… qui est en fait la forêt-type des feuilletons américains (elle pourrait aussi bien être celle de Blanche-Neige dans Once Upon A Time), personne ne s’étant occupé de placer quelques pauvres lianes ou un peu de faune dans le champ de la caméra. Une partie du casting, oui, car toute l’équipe ne traverse pas les mondes. Ne voulant pas laisser Central City sans défense, Barry a laissé derrière lui Kid Flash et Jesse Quick, alors que les deux jeunes héros ont aussi des questions à régler sur le plan sentimental.

« Are you going to Planet of the Apes ? »

Référence glissée dans la série TV depuis un an et demi, Gorilla City, un élément caractéristique de la mythologie de Flash, arrive enfin à l’écran autrement que comme un portique vu de loin. Néanmoins les fans des comics doivent s’attendre à modérer leur enthousiasme car, dans le cas présent, on semble atteindre la limite du budget de la série. Certes, on ne s’attendait pas forcément que, pour un ou deux épisodes, le show nous sorte la même qualité de production que la Planète des Singes. Mais en gros, on sent que l’équipe des effets spéciaux peine à animer différents singes à l’écran. Ce qui fait qu’en dehors de Grodd lui-même vous verrez surtout Solovar (le roi de la ville) mais que (à par un plan final qui montre trois gorilles ensemble) la plupart des autres bestioles sont vues de très loin et… à contre-jour, pour économiser sur le rendering. Si bien que les scènes où Gorilla City est vue de l’extérieur (en particulier l’arène) sonnent comme des passages cinématiques d’un jeu vidéo un peu cheap. L’ambition scénaristique est là. Mais l’équipe technique fait avec ce qu’elle a… Plus que faire la comparaison avec des films, on serait tenté de mesurer à ce qui se fait sur Game of Thrones pour inventer des palais et des créatures. Et, clairement, le budget fait la différence.

« He will bring the fight to you. »

Flash S03E13 ramène sur le devant de la scène l’un des plus terribles adversaires du héros véloce. Grodd est en effet non seulement surpuissant mais aussi brutal et sauvage. Avec lui, on ne parle pas simplement de voler une banque. Mais dans le même temps les scénaristes retombent un peu sur leurs facilités classiques. Flash et les autres s’aventurent sur Terre 2 sans l’ombre d’un plan réel, arrive là-bas sans faire la moindre reconnaissance (ce qui est pourtant facile quand on a un rapide dans le groupe) ou sans se souvenir que Vibe a des pouvoirs de « voyance » qui lui permettraient normalement de savoir où est Wells et dans quel état sans qu’on ait besoin de chercher. Qui plus est, une fois entré dans le vif du sujet, face à la problématique posée par Grodd et Solovar, tout ce petit monde se laisse manipuler dans les grandes largeurs, alors que les spectateurs, eux, auront sans doute senti venir le pot-aux-roses. Enfin, le plan de Grodd lui-même est aussi laborieux que cousu de fils blancs. Comment pouvait-il savoir si Barry allait venir accompagné de Cisco et des autres ? Et quand cela arrange les scénaristes, on oublie un peu facilement les particularités d’un télépathe. Il ne peut pas savoir que Caitlin Snow (Danielle Panabaker) a les pouvoirs de Killer Frost ? Ou deviner quand les personnages lui mentent ? Voyons voyons… Malgré ces maladresses, l’épisode arrive à ramener un Gorilla Grodd menaçant dans la boucle (bien qu’on aurait sans doute pu éviter la tenue façon « Planet of the Apes » vers la fin) et réorganise aussi le rapport de force à l’intérieur de la Team Flash, avec encore plus de « speedsters ». De la même manière Caitlin et Julian (Tom Felton) y voient sans doute plus clair dans leurs rapports. Encore qu’on ait la sensation que Julian n’est là que pour occuper le poste comique qui auparavant revenait à Cisco. Le fait est que le show n’en a n’a pas fini avec Gorilla City et qu’il faudra voir quand même comment la réalisation gérera (ou pas) cette horde simiesque dans les épisodes à venir.

[Xavier Fournier]