Cette semaine le clash au royaume des comics n’est pas une nouvelle Civil War de Marvel ou une bataille Batman v. Superman. Non, le face-à-face oppose la relance des héros les plus emblématiques des plus gros éditeurs. Qui, du Superman #1 version Bendis ou du Amazing Spider-Man #1 de Nick Spencer, l’emportera ? Premiers éléments de réponse avec le début de la série régulière du « big blue », grand-père de tous les super-héros…

Superman #1Superman #1 [DC Comics]
Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de Ivan Reis
Parution aux USA le mercredi 11 juillet 2018

Superman est toujours marqué par les événements de la fin de Man of Steel. Le voici donc coupé de sa famille, privé des ressources de Kandor et de la Forteresse de Solitude. Alors, Brian Michael Bendis et Ivan Reis commencent un travail de reconstruction, avec un Clark Kent d’une part absorbé par les catastrophes qu’il faut continuer d’éviter à travers le monde et d’autre part hanté par le souvenir de sa femme et de son fils. Le scénariste nous montre ainsi que bien qu’ils soient « partis », Lois et Jon n’en sont pas pour autant oubliés. Encore que l’on peut comprendre que Superman ne puisse pas les retrouver (ce serait comme chercher une aiguille dans une botte de foin de la taille de l’univers) mais l’histoire ne justifie pas l’inverse. Normalement, avec les communications coupées et sachant bien sur quelle planète se trouve son père, Superboy ne saurait manquer de venir voir ce qui se passe. Il va falloir expliquer cela dans les épisodes à venir. Mais pour l’immédiat, Bendis s’oriente vers une situation où de toute façon la recherche de Superman serait compliquée… Les dernières pages nous montrent que la série est bien la droite continuation de Man of Steel, avec un événement qui devrait vite voir rappliquer une menace majeure. Ce qui est plus propre à ce Superman #1, ce sont des petites (pour l’instant) touches qui promettent d’avoir des retombées par la suite, comme la construction d’une nouvelle Forteresse mais aussi une discussion ambigüe avec le Martian Manhunter. Là pour le coup c’est un peu abrupt, J’onn qui explique qu’il ne s’intéressait guère au statut de rescapé de Superman parce qu’il pensait que Krypton avait été détruite de façon naturelle mais que maintenant c’est différent… C’est une curieuse définition de l’empathie (en gros, « maintenant que nos deux situations se ressemblent encore plus alors là pour le coup tu m’intéresse »). Mais c’est surtout le discours sur l’avenir de la Terre qui semble apporter quelque chose de différent, un autre angle à Superman. Encore que J’onn ne dise pas autre chose (mais sur un autre ton) que Jor-El : Superman n’est-il pas destiné à de plus grandes choses qu’à résoudre des menaces de proximités ? Ne pourrait-il pas changer le destin de l’humanité ?

« … And I have no idea where I’m going. »

Le dessinateur Ivan Reis est le garant d’une continuité visuelle. Non seulement c’est déjà lui qui a lancé Man of Steel mais ce n’est pas son premier tango avec Superman ou l’univers DC, loin de là. Sa présence fait que les éléments apportés par Bendis se glissent sans encombre dans la mythologie du surhomme mais aussi de la Justice League. D’ailleurs les auteurs, comme dans la minisérie précédente, ne sont pas avares de guest-stars et c’est à se demander si l’ex-scénariste des Avengers n’est pas déjà en train de se positionner pour une éventuelle reprise de la League. Superman #1 est une lecture efficace, qui rattrape un peu la sensation de temps mort de la fin de l’arc initié par Bendis ces dernières semaines. Mais inversement cela donne l’impression que l’on est plus dans un Man of Steel #7 qu’un Superman #1, tant les choses continuent directement. Cela dit il y a fort à parier qu’au-delà des collectionneurs fous de #1, ceux qui s’intéressent vraiment à Supie ont surveillé les deux projets. L’inconvénient est donc minime.

[Xavier Fournier]