A défaut de retrouver, pour l’instant, leurs Fantastic Four, Ben Grimm et Johnny Storm sont tombés sur un univers parallèle où une autre version du quatuor est totalement partie en vrille et incapable de faire face à un danger qui approche. The Thing et Human Torch, qui cherchaient d’une certaine manière les moyens de se réparer, deviennent alors ceux à travers qui l’espoir, peut-être, revient.

Marvel Two-In-One #5Marvel Two-In-One #5 [Marvel Comics]
Scénario de Chip Zdarsky
Dessins de Valerio Schiti
Parution aux USA le mercredi 4 avril 2018

En théorie, Marvel Two-In-One est la chronique des aventures de The Thing et Human Torch, explorant le Multiverse à la recherche de Reed, Sue et du restant de la famille (et de la Fantastic Foundation). Sur cette base, Chip Zdarsky aurait pu se lancer dans une série à la Exiles (ou à la Black Science), qui zapperait entre les mondes à chaque épisode. Mais cette chronique est avant tout un prétexte, un vernis qui cache autre chose : le besoin de réparation pour deux héros qui ont perdu de vue leur raison d’exister. C’est pour cela que même si ce monde nouveau à explorer n’est pas le What If le plus palpitant que l’on ait pu voir, c’est totalement sur autre chose qu’il faut se fixer : l’histoire de deux types qui débarquent là un peu par hasard et qui se retrouvent en position, à nouveau, d’être des héros. Et cela marche aussi pour les quelques alliés (certains n’ayant pas spécialement un CV glorieux) qu’ils recrutent au passage. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il y a un peu des Sept Mercenaires dans l’idée. Des types qui débarquent dans un lieu paumé et décident de s’y battre plutôt que fuir, de se dépasser à nouveau, même face à un adversaire plus fort. Avant de les réunir avec leurs FF, Chip Zdarsky s’occupe d’abord à remettre en marche l’âme de Ben et Johnny, dans un monde où une version des Fantastic a baissé les bras.

« I understand enough, Stretcho! »

On l’avait dit précédemment, jongler avec les dessinateurs sur un nombre restreint d’épisodes donne des sautes de tonalité un peu sèche. Valerio Schiti n’est pas Jim Cheung (et inversement d’ailleurs) mais ici s’ajoute une autre problématique. A savoir que le coloriste Frank Martin utilise une gamme sans doute trop claire, qui fonctionne peu avec les contrejours implicites dans le dessin de Schiti. Pour le coup, il faudrait un coloriste avec des textures plus soutenues, plus denses. Du coup le travail de Schiti est moins bien servi que si un Richard Isanove (par exemple) était passé par là. Le scénario est efficace mais en raison d’un mauvais dialogue entre traits et couleurs, l’aspect visuel donne l’impression de ne pas aller au maximum des choses.

[Xavier Fournier]