Alors que Nyx, maîtresse de la nuit, a rasé l’Olympe, Hercules et un groupe d’Avengers formé pour l’occasion comptent bien mettre fin à ses ravages. Mais une partie des héros est déjà hors de combat. Heureusement l’équipe peut compter sur l’expérience d’une Scarlet Witch qui, même diminuée, ébauche un plan. Et va fortuitement tomber sur un nouvel allié qui fait son retour dans l’univers Marvel proprement dit.

Avengers: No Road Home #5Avengers: No Road Home #5 [Marvel Comics]
Scénario d’Al Ewing, Jim Zub, Mark Waid
Dessins de Sean Izaakse
Parution aux USA le mercredi 13 mars 2019

S’il est probable qu’elle n’atteindra pas le même type de notoriété, en quelques épisodes Ewing, Zub et Waid ont installé Nyx, la déesse de la nuit, dans un rôle finalement pas si différent de celui d’Hela dans Thor: Ragnarok. C’est la Grande Destructrice, qui a totalement détruit son panthéon d’origine, ne laissant qu’un autre survivant (Hercules). D’un autre côté, les « enfants de la nuit » ont une furieuse ressemblance structurelle avec le Black Order ou avec la nouvelle Lethal Legion de No Surrender. On ne peut donc traiter Avengers: No Road Home d’être d’une originalité sans borne. Mais inversement il faut bien le dire, ne pas être très original, rester académique, n’empêche pourtant pas d’exécuter une formule de façon très intéressante. Les structures sont connues, certes, mais bien utilisées. Et l’un des points forts du trio de scénaristes (cette fois plus particulièrement Jim Zub, qu’on a connu parfois moins inspiré) c’est de rendre justice aux personnages. Il y a, forcément, Hercules au premier rang, puisqu’il est en un sens la victime. Hulk aussi, fidèle à l’ambigüité d’Immortal Hulk, est également sur le pont. Mais il faut bien dire que cela fait longtemps que l’on n’avait pas vu Scarlet Witch représentée avec des qualités d’expérience et de compétence. Même diminuée, elle n’en reste pas moins celle qui ébauche un plan pour faire basculer les choses et qui y arrive en valorisant le travail d’équipe. Avec quelques camarades tombés au combat, elle devient même sans doute l’un des personnages les plus importants de la série.

« Then I guess we’re all sons of Krutaks. »

Le dessinateur Sean Izaakse arrive bien à gérer les différents personnages, qui plus est dans des batailles volontairement chaotiques (séjour dans le monde des cauchemars oblige). Il s’en tire en conservant une certaine lisibilité des situations tout en soignant, lui aussi, la représentation des différents personnages. Pour autant ce n’est sans doute pas lui qui va alimenter les discussions, sachant que le point d’orgue du numéro, vers la fin, est le retour d’un personnage bien connu dans le giron de l’univers Marvel (ou plus exactement c’est l’univers Marvel qui va à lui). De quoi irriter certains puristes (encore que ce soit surtout la reprise d’une tradition ancienne, en ce qui le concerne). On serait tenté de dire qu’à partir de là c’est pour ainsi dire une nouvelle histoire qui commence, que les cinq derniers numéros de No Road Home, forcément, ne seront pas comme les cinq premiers. Bon, reste à nous expliquer comment des personnages nés il y a des dizaines de millénaires auparavant peuvent s’exprimer dans un anglais contemporain (mais ce n’est pas la première fois que des scénaristes s’assoient sur ce genre d’obstacle). Reste donc à voir comment les auteurs vont négocier ce virage et arriver, ou pas, à acclimater ce « revenant » dans le cahier des charges des aventures de super-héros. Pour l’instant, on le voit peu et Avengers: No Road Home #5 est surtout un très bon numéro de mise en place de son arrivée.

[Xavier Fournier]