Aventurières en fuite, Red (la version super-héroïque du Petit Chaperon Rouge) et son amie Avril se retrouvent à Paris, obligées de travailler malgré elles pour une organisation secrète. Leur mission ? Débusquer les créatures mi-hommes/mi-bêtes du Docteur Moreau. Helena Moreau.

Red Agent: Island of Dr Moreau #1Red Agent: Island of Dr Moreau #1 (Zenescope)
Scénario de Brian Studler
Dessin de Jason Muhr
Parution aux USA le mercredi 8 janvier 2020

S’étant fait connaître pour sa capacité à produire des héroïnes/variation de fables en petite culotte sur ses couvertures, l’éditeur Zenescope a évolué depuis plusieurs années déjà vers un pan plus super-héroïque de son univers, avec une identité féminine plus revendiquée. Cela fait sept ans maintenant que Robyn Hood s’impose comme une sorte d’Arrow au féminin et on a vu débarquer à l’occasion d’autres héroïnes costumées telles que Black Knight ou Belle: Beast Hunter qui est, à peu de choses près, une Batwoman de l’univers Zenescope. Même le Petit Chaperon Rouge est passé par cette réinvention, devenant Red Agent, une sorte de super-agent secret. Si les autres séries permettent de trouver des équivalences avec Green Arrow ou Batwoman, autant dire que « Red » est un peu la Black Widow de ce monde. Et si la réputation d’éditeur de petites culottes de Zenescope est tenace (certaines variant covers de ce numéro #1 sont d’ailleurs d’un goût gouteux), force est de constater que lorsqu’on s’attaque à la lecture de cette histoire, les pages intérieures ne jouent pas spécialement sur l’aspect déshabillé. En fait, on a vu plus de chair dans certains épisodes de Catwoman. Red Agent tient même la comparaison avec certaines séries des « Big Two » et, pour le dire franchement, on a déjà lu des épisodes de Black Widow ou de Batgirl qui se tenaient bien moins que cela.

« We are not monsters. But there are monsters out there. »

Dire pour autant que Red Agent: Island of Dr Moreau est transcendant serait mentir. Disons plutôt que c’est une formule très académique, avec les clichés qu’on peut attendre du genre. L’archétype de la directrice d’une organisation black-ops, avec des dialogues qui pourraient aussi bien venir d’Amanda Waller… Le « service secret » qui croit utile de recruter deux opératrices pourtant déjà recherchées à travers le monde… Les deux hors-la-loi qui prennent un petit déjeuner en terrasse d’un café sans faire mine de se déguiser ou avoir peur d’être reconnues… Les poncifs d’une série B sont tous là. Et le dessin de Jason Muhr manque un peu de maturité (mais là encore ça tient la route par rapport à d’autres choses sorties cette même semaine chez Marvel ou DC), en particulier avec deux personnages fémimins forts. Ce récit de super-héros suit donc la formule sans chercher à s’en détacher. Si vous aimez les intrigues des séries TV de la CW ou que vous êtes fans de Black Widow, Red Agent peut vous intéresser. Le seul vrai problème tient de la politique éditoriale de Zenescope qui multiplie les miniséries qui se suivent, un peu comme une ongoing en tranches. Si bien que vous en apprendrez peu des origines du personnage et de son implication dans une tragédie au Vatican, qui nécessitent d’avoir lu un autre volume.

[Xavier Fournier]