Avant-Premire Comics VO: Batgirl #48

29 août 2020 Non Par Xavier Fournier

Barbara Gordon est l’une des cibles de Joker War. Voici la jeune femme blesse et renvoye dans un fauteuil roulant. Une preuve connue mais qui intervient au pire moment, alors que les hommes de sa vie semblent s’crouler ou injoignable. Batgirl doit digrer la dfaite avant de reprendre l’offensive.

Batgirl #48Batgirl #48 (DC Comics)
Scnario de Cecil Castellucci
Dessin de Robbi Rodriguez
Parution aux USA le mercredi 26 aot 2020

Quand le Joker et Batgirl se croisent dans les mmes sagas il est pratiquement impossible de ne pas faire le lien avec Killing Joke. Les auteurs, en gnral, ne fuient pas la rfrence et s’y prcipite mme, le Clown du Crime jouant sur ce traumatisme. Mais au fil des dcennies il faut bien dire que cette confrontation est presque devenue une routine. On comprend bien que pour Barbara le traumatisme est rel et qu’elle ne peut s’en dfaire d’un claquement de doigt. Mais les auteurs se sont souvent limits une sorte de « clin d’il » dnu de substance. Cecil Castellucci va au contraire au fond du problme en renvoyant Batgirl l’hpital, sa sant et sa capacit de marcher tant nouveau remis en cause. Malgr les apparences, ce n’est pas une « redite », dans le sens o le scnario donne la part belle la force de volont de l’hrone. Flanque d’un frre serial killer qui jure s’tre rachet (mais doit on le croire), d’un pre qui encore rcemment faisait partie des infects ou d’un petit ami qui n’est pas dans le secret de sa double identit, Barbara doit faire face l o son entourage est presque invasif dans sa volont d’aider. Cecil Castellucci (re)fait de Barbara le centre de la famille Gordon (on pourrait dire, d’une certaine manire, que le commissaire n’avait pas vraiment de « famille » avant son entre en scne). Le scnario place Batgirl dans une situation physiquement et moralement difficile. Et s’il y a bien une solution de trouve, Castellucci s’arrange pour qu’il ne s’agisse pas d’une solution miracle. Barbara ne pourra pas jouer l’infini avec sa sant. Mais la jeune femme, elle, pense avant tout ses responsabilits et aux autres avant de penser elle.

« I’VE REALLY MISSED YOU, BABES »

Robbi Rodriguez dessine l’ensemble dans un style finalement assez la mode et quelques voisinages visuels avec un Sean Murphy. Son approche fonctionne assez bien tant qu’il s’agit de montrer Barbara la fois fragile et humaine. A la sortie de « l’opration », sa silhouette n’a rien d’une super-athlte et on a d’autant plus d’empathie avec Barbara qu’elle a l’air « ordinaire ». Les influences manga du dessinateur ressortent cependant par endroit des moments peu appropri (la splash o l’on voit Batgirl sourire avec une expression digne de Sailor Moon a quelque chose de hors sujet vu le contexte). Mais globalement Rodriguez fait le job. On apprcie que la srie Batgirl nous montre un peu ce qui se passe Gotham en dehors de Batman, du Joker ou de Punchline (Detective Comics nous a bien montr Batwoman mais directement lie aux autres), mme si la dernire scne n’a pas beaucoup de sens (comment penser qu’alors que le Joker ravage Gotham la police et Barbara auraient le temps de s’occuper tout de suite d’une telle affaire). Retoucher au « traumatisme jokerien » de Batgirl et bien s’en sortir n’a rien de facile, Cecil Castellucci se tire trs bien de l’exercice, montrant l’hrone qui reprend son destin en main.

[Xavier Fournier]