Jason Aaron n’a apparemment pas prévu de place spéciale pour Clea, l’ancienne épouse de Doctor Strange, malgré le fait que c’est une magicienne les plus puissantes de l’univers Marvel. Kathryn Immonen et Leonardo Romero s’emploient donc, dans cet annual, à révéler quelle est sa place actuelle dans la vie du bon docteur. Une mise au point bienvenue (encore que l’idéal serait quand même que cet épisode soit le début de quelque chose).

Avant-Première VO: Review Doctor Strange Annual #1Doctor Strange Annual #1 [Marvel Comics]
Scénario de Kathryn Immonen, Robbie Thompson
Dessins de Leonardo Romero, Jonathan Marks Barravecchia
Parution aux USA le mercredi 28 septembre 2016

Clea ? De la fin des sixties jusque dans les années 90, elle fut un peu à Doctor Strange ce que Mera est à Aquaman : la compagne/disciple/épouse qui partage au moins une partie des pouvoir du héros mais qui est par ailleurs « Ã©trangère » à la vie humaine, à qui il faut apprendre à vivre sur Terre. Et puis cet élément a été mis de côté parce que les héros mariés n’étaient plus à la mode. N’empêche, Clea reste le plus grand amour connu de Stephen Strange mais aussi sa meilleure disciple, la nièce de Dormammu et l’ancienne reine de toute une dimension (et accessoirement sorte de membre occasionnel des Defenders). On aurait pu s’attendre à retrouver Clea parmi le conseil de sorciers qu’Aaron utilise dans la série régulière mais sans doute qu’il a préféré l’éviter de manière à ce que sa présence n’éclipse pas les autres. Puisque, du coup, personne ne semble s’occuper de savoir ce que la magicienne aux cheveux argentés est devenue, Kathryn Immonen rebondit sur les récents évènements vécus par Doctor Strange. Stephen a perdu une partie de sa puissance, la plupart de ses sortilèges ne fonctionnent plus… mais il y a cette ancienne flamme qui tape à la porte, alors que Clea a toujours, elle, la majeure partie de ses pouvoirs.

« It is a mystical union. It will last forever. Unless… »

Leonardo Romero n’est pas forcément le dessinateur le plus connu de Marvel mais il illustre l’histoire de manière assez élégante, avec certaines intonations graphiques du Daredevil de Chris Samnee, ce qui n’est pas une mauvaise référence. Il s’amuse visiblement beaucoup, au point de glisser un visage connu. De la même manière que Mike Deodato donne à Victor Von Doom le physique de Vincent Cassel, ici l’un des personnages hérite du visage de Jorge Garcia (le « Hurley » de Lost). Romero apporte à la fois de la classe et de la simplicité. En dehors d’une courte scène dans une autre dimension, Romero ne donne pas trop le spectaculaire, de manière à retranscrire tout le côté intimiste de l’histoire. Ils en sont où, Clea et Stephen ? Les auteurs, ici, préfèrent tisser une situation où Clea est une absence, une blessure douce-amère. Un peu comme ces épisodes de Doctor Who où le Seigneur du Temps croise un ancien « compagnon » et que trop d’années se sont écoulées pour qu’ils reprennent les choses comme avant. L’annual donne ainsi la mesure du poids de la solitude du Sorcier Suprême. En cerise sur le gâteau, ce numéro contient aussi une sorte de mise-en-bouche de la série Doctor Strange And The Sorcerers Supreme, visuellement assez prometteuse si l’on en croit ce segment.

[Xavier Fournier]