L’hécatombe se poursuit chez les tisseurs-de-toiles, pourchassés par les Inheritors. Avec leurs rangs vidés, des membres morts ou portés disparus, les Spider-Men ne peuvent faire la fine bouche et en viennent à suivre les conseils d’un Otto Octavius qui, tout en ayant décidé d’être du côté des héros, n’abandonne pas pour autant ses méthodes les plus expéditives.

Spider-Geddon #2Spider-Geddon #2 [Marvel Comics]
Scénario de Christos Gage
Dessins de Jorge Molina
Parution aux USA le mercredi 24 oct 2018

Les Inheritors sont donc bien de retour et Christos Gage continue de passer à la moulinette certains des Web-Warriors les plus marquants, au point d’ailleurs qu’à quelques semaines de la sortie du film utilisant la plupart d’entre eux on peine allégrement à croire que certaines de ces morts sont permanentes. L’une d’entre elle, d’ailleurs, ne tarde pas à s’avérer fausse, tandis que les Spider-Men restants se regroupent autour d’Octopus. Bien que responsable de la situation, il aussi des arguments pour résoudre la situation et, dans la foulée, le manque de recours au véritable Peter Parker s’explique ici. Gage continue d’avoir la bonne manière pour exploiter l’égo du Superior Octopus, à la fois responsable de tout mais qui, dans le même temps, ne doute de rien et remet 100 balles dans la machine, avec des décisions on se doute qu’elles seront lourdes de conséquences pour la suite. L’écriture de Gage peine sans doute un peu du fait que du côté des Inheritors, il y a moins de personnalité que dans le camp des Spider-Totems. Les méchants sont stéréotypés. Si cela ne dérangeait pas trop pour Spider-Verse (l’accent était mis sur la multiplication des Spider-Héros) et qu’on s’en tenait à la fonction, pour Spider-Geddon les méchants sont certes très dangereux, de véritables machines à tuer, mais ils manquent un peu de caractère (surtout que le plus connu, Morlun, est ailleurs dans une autre série pour exercer sa revanche en mode solo, il fait donc ici défaut). Peut-être que Gage aurait bien fait de mettre à profit leur longue captivité pour les faire évoluer un peu.

« Your hunger is psychosomatic. »

Jorge Molina fait du bon travail au dessin. Si sa composition n’est pas délirante ou particulièrement complexe, il gère admirablement les postures des personnages, qu’il s’agisse des bondissants « totems » ou de leurs adversaires. Surtout, il maîtrise bien le côté rigide d’Otto Octavius lorsqu’il répond à ses alliés. Dans les nombreuses discussions entre des gens qui portent des cagoules intégrales, l’art de Molina de manier les postions, d’utiliser le langage corporel, fait qu’on pourrait cacher la plupart des textes et pourtant, rien qu’avec l’image, comprendre une grande partie de l’action. Avec la dernière scène, Spider-Geddon assume aussi son rôle de redistribution des cartes à l’intérieur des titres et héros liés à Spider-Man, l’un(e) d’entre eux se retrouvant dans une position nouvelle. Avec Otto qui lui aussi décidé de changer de costume, Spider-Geddon fait le ménage parmi les collègues de Spider-Man (le vrai) et le reste du crossover devrait continuer sur cette lancée.

[Xavier Fournier]