Pour qui sonne le glas ? Peut-être pour les cinq jeunes X-Men originaux, naufragés du temps depuis quelques années dans l’univers Marvel. Extermination promet en effet de régler la question de leur devenir. Mais, on s’en rend compte assez vite, la série d’Ed Brisson et Pépé Larraz se propose aussi de faire le ménage parmi les doublons de mutants qui traînent dans les diverses séries. Trop de versions différentes de Cyclops, Jean Grey, Storm et quelques autres. Dans ce premier numéro, on commence à liquider… avec quelques surprises.

Extermination #1Extermination #1 [Marvel Comics]
Scénario d’Ed Brisson
Dessins de Pépé Larraz
Parution aux USA le mercredi 15 août 2018

Les « All-New X-Men » sont rentrés à New York pour souffler un peu, loin de Magneto et de ses manigances. Certains jeunes héros commencent même à parler romance. Mais le repos sera de courte durée. Entre de mystérieux mutants amnésiques qui font leur apparition mais aussi des ressortissants d’au moins deux timelines différentes qui nourrissent de noirs projets pour les X-Men (et en particulier – mais pas seulement – pour les cinq fondateurs), le moment de repos va se transformer en assaut rangé, avec déjà quelques victimes. Les X-Men sont assiégés sans trop savoir pourquoi ou comment mais Brisson l’affirme lui-même dans la postface éditoriale : il s’agit de faire de la place, d’éviter les redondances. Autant dire que tout mutant qui existe en double voir en triple (si l’on considère Rachel comme un avatar de Jean, après tout) est sur la sellette. C’est manifeste dès ce premier épisode, avec un sentiment de tension qui, heureusement, est bien supérieur à ce que pouvait nous proposer un Death of X. Ici, il y a au moins deux attaquants (peut-être liés, peut-être pas…) qui se manifestent avec une volonté de nuire et un plan bien précis dans la tête. Même si le mystérieux inconnu venu du futur est vite démasqué (et, non, ce n’est sans doute pas celui auquel pensaient la plupart des lecteurs), le pourquoi du comment reste à découvrir. Brisson, en tout cas, à visiblement carte blanche pour se débarrasser de qui bon lui semble. Même si l’on a coutume de dire que personne chez les mutants ne meurt de manière définitive, il y a des chances que certains décès (le premier du numéro, par exemple) soient permanents.

« Tell me it’s not you shooting at me. »

Pour ceux qui ont aimé l’ambiance des Days of Future Past ou de la saga Askani, Extermination fait le job. On a même droit, si l’on regarde bien, aux « headshots » chers à John Byrne pour symboliser quels personnages sont retirés du jeu. Mais ce plan mystérieux a aussi certains accents des bons côtés d’Original Sin, avec l’équivalent de Nick Fury révélé cette fois vers la fin. Le vrai atout d’Extermination, c’est un Pépé Larraz dans une grande forme aux dessins et qui s’encre lui-même, avec une gestion des contre-jours et des textures qui donne à cet épisode un côté spectaculaire. Extermination semble être bien parti pour être le blockbuster de l’été chez les X-Men. Enfin si ce n’est qu’au lieu de faire sauter des « blocks » on sacrifier des mutants (tout en introduisant quelques nouvelles têtes). En tout cas Brisson semble bien décidé à se débarrasser de certains persos de façon expéditive. Et à ce stade ce n’est sans doute pas plus mal. Un bon début (carrément plus sympa que les back-ups aperçues dans certains titres mutants ces derniers mois), en espérant que la suite ne se relâchera pas.

[Xavier Fournier]