[FRENCH] Nouveau redémarrage pour la version Dark Horse de Conan le Barbare. Mais ce nouveau volume est amplement justifié par un changement total d’ambiance, Brian Wood et Becky Cloonan s’occupant de cette nouvelle incarnation du Cimmérien, s’intéressant plus particulièrement à l’époque où le personne devient pirate… Et tombe sous le charme de la sulfureuse Bêlit !

Conan The Barbarian #1 [Dark Horse] Scénario de Brian Wood
Dessin de Becky Cloonan
Sorti aux USA le mercredi 8 février 2012

Quand Conan ne cherche pas les ennuis, ce sont ces derniers qui le trouvent. A la suite d’une soirée trop arrosée, le solide gaillard est désormais un homme recherché dans toute la capitale d’Argos. Pourchassé, son seul moyen de fuite est de se rendre au port et de forcer un capitaine à prendre la mer avec lui à son bord. Finalement Conan et ce marin deviendront amis mais en cours de route tout l’équipage du navire s’est rendu hors-la-loi en aidant la fuite d’un criminel recherché. Il ne reste donc plus qu’à se diriger vers les rivages noirs, loin des forces de l’ordre. Peut-être trop loin d’ailleurs car là-bas semble régner une reine-pirate à la réputation démoniaque, une beauté d’albâtre qui hante les pensées de Conan : Bêlit ! « Queen of the Black Coast » est un des moments clés dans l’oeuvre de Robert E. Howard mais aussi dans la vie de Conan. La nouvelle avait déjà été adapté du temps du mensuel Conan The Barbarian de Marvel mais, même si vous avez lu les romans d’Howard ou la version Marvel, cette nouvelle mouture à un atout déterminant : Becky Cloonan.

L’équipe créative est bien le pilier de cette relance de Conan. On retrouve ici le tandem Brian Wood (DMZ) & Becky Cloonan (American Virgin) dont les précédentes collaborations nous on donné des épisodes de Northlanders, Channel Zero: Jennie One ou encore Demo. Mais dans le cas d’adaptations de Robert E. Howard le scénariste doit toujours tenir compte du matériel d’origine, se faire plus metter-en-scène que rédacteur. Et ce n’est donc pas forcément la présence de Wood qui saute aux yeux (encore qu’il est là et bien là, d’autres auraient pu se prendre les pieds dans la transposition de l’histoire). Non, dès les premières pages on est bien sous le charme de la rénovation de Conan sous le crayon de Becky Cloonan. L’artiste nous donne un Conan authentique, compatible avec ce qu’on attend de lui, tout en arrivant à ne pas plier sous le poids des grands modèles que sont Frazetta, Buscema ou Windsor-Smith. A eux deux Wood et Cloonan nous donnent un Conan qui, sur le plan visuel, a la sensibilité d’un titre Vertigo plutôt que des vieux Conan de Marvel. C’est totalement rafraîchissant et le numéro tient ses promesses.

[Xavier Fournier]